Pia Petersen, Un écrivain, un vrai, Actes Sud

Fabuleuse épopée que celle de cet écrivain renommé, couronné d’un International Book Prize, Gary Montaigu, qui accepte de participer à une émission de téléréalité « Un écrivain, un vrai ». L’objet de l’émission est de le montrer au travail, en train d’écrire (comme si les écrivains écrivaient avec stylos ou machines). Comment ? Les contraintes de l’émission obligent à changer la trajectoire de tel personnage ? Et oui, monsieur l’écrivain, vous tenez le stylo mais l’empire de l’audience médiatique dicte le texte. Il rêvait de faire entrer la littérature dans les salons des téléspectateurs, c’est la médiocrité qui envahit son travail. Il finit par se retrancher et fait cet amer constat : « Le monde sombre dans l'ignorance, dans la déshumanisation, dans le totalitarisme, dans l'obsession de la sécurité, dans le profit, les hommes sont réduits à n'être plus que des vecteurs économiques, il y a trop d'hommes et ils ne comptent plus du tout, l'esprit critique n'est plus possible, remplacé par j'aime, je partage et lui, il se demande si ça sert encore à quelque chose d'écrire ».

Du malheur de l’artiste, de son inutilité déclarée, naissent la fortune de ceux qui gravitent autour de lui. Amer constat sur notre époque.

Question à Pia Petersen: qu'est-ce qu'un vrai écrivain?

La littérature mourra-t-elle devant les assauts de la non-pensée véhiculée par la téléréalité, l'écriture numérique et volatile?
L'écrivain n'est-il que l'objet de sa muse dans cette histoire ( sa femme en l'occurence)
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.