Depuis la désignation de Marseille et sa région comme capitale culturelle européenne en 2008, quatre ans de mise en place ont été nécessaires pour aboutir à la présentation d'un préprogramme. Travail acharné pour certains, opacité pour d'autres, le tout sur fond de désaccords entre acteurs politiques.

16 septembre 2008 : à Bruxelles, c'est Marseille qui décroche le gros lot, au détriment de Lyon et Bordeaux, les deux autres villes favorites dans la course à l'obtention du label européen. Aussitôt, dans la deuxième ville de France, c'est l'euphorie. Enfin, Marseille la mal aimée, la ville pauvre gangrénée par le chômage, va pouvoir montrer un autre visage, celui de sa vivacité culturelle.

Les acteurs et opérateurs culturels régionaux, dont les dotations en subventions sont en baisse constante d'année en année, voient l'année capitale comme l'occasion inespérée de briller. L'occasion aussi d'égaler voire de dépasser le succès total de Lille en 2004.

Très vite, sur place, l'espoir fou fait place à la désillusion : l'équipe constituée n'est pas locale, elle est menée par Bernard Latarjet, ancien directeur de la Grande Halle de la Villette à Paris, homme de peu de mots qui refuse de s'installer dans la ville et de s'entourer d'acteurs culturels locaux. Pourtant, il ne manquent pas, que ce soit à Marseille, à Aix-en-Provence ou à Arles.

Stéphane Sarpaux, journaliste au mensuel Le Ravi, auteur d'une enquête sur Marseille Provence 2013

Discrétion des porteurs du projet global, absence de communication vers les publics et artistes locaux, opacité dans les modes d'attributions de budgets et la désignation de projets culturels labellisés (500 environ sur plusieurs milliers de candidatures), chantiers qui tardent à démarrer... C'était sans compter sur une véritable guerre de clochers entre les élus des différentes communes du vaste territoire de Marseille Provence 2013.

Les précisions de Stéphane Sarpaux

La belle unanimité entre édiles de 2008 vole très vite en éclat : Toulon se retire du projet, les communes d'Istres et Fos-sur-Mer hésitent. Et surtout, Aix-en-Provence menace constamment de réduire sa participation. Depuis, les tensions se sont apaisées : Bernard Latarjet a cédé sa place à Jean-François Chougnet, un de ses fidèles, tout en conservant un rôle de conseiller, Aix-en-Provence est rentrée dans le rang, les communes hésitantes ont rejoint le projet et les politiques locaux ont décidé de parler d'une même voix. Tous ont intérêt à ce que l'année capitale soit une réussite.

Mais plusieurs inquiétudes persistent : les équipements en chantier seront-ils livrés à temps ? La politique de transports sera-t-elle à la hauteur, avec un tel territoire à couvrir ? La capacité hôtelière sera-t-elle suffisante ? Les investisseurs privés seront-ils au rendez-vous ? Et surtout, le public répondra-t-il présent ?

Marseille, couverte de grues
Marseille, couverte de grues © Radio France / AJM
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