Les français désintéressés par la campagne électorale. il fallait bien un sondage pour mesurer cette perception. Plus étonnant encore, le résultat de l'étude est commenté par des éditorialistes qui semblent découvrir cet état de fait.

Et pourtant, il suffit simplement de tendre l'oreille pour entendre le grondement. La sphère médiatique n'est pas non plus exempte de responsabilités sur la question. A force de tourner autour des "favoris" de l'élection, une saturation prend forme. Surtout quand les favoris en question passent leur temps à s'envoyer des pics d'un média à l'autre.

Untel sur France Inter va répondre à celui qui l'a mis en accusation la veille sur TF1 et rétorquera à midi sur RTL. Cette guerre des gangs crée un sentiment de lassitude.

De petites phrases en petites phrases, on avance à reculons. Et il faut toujours des sondages et des sondages pour mesurer les effets de l'opinion en temps réel.

Elle est fatiguée l'opinion . Tout le monde parle en son nom. Plus elle est sondée, plus elle est insaisissable, plus le fossé s'élargit entre la classe politique et le citoyen.

Fallait il une enquête pour savoir que les Français en avaient marre d'entendre parler de "crise, triple A, Gaullisme, dette grecque", quand ils pensaient "logement, pouvoir d'achat, intérêt général." et se détournaient de candidats obsédés par leurs destins privés ?

Ou alors suis je simplement "chanceux" de vivre au contact de 34 jeunes qui composent l'équipe des "Jeunes Dans La Présidentielle" et qui chaque samedi déconnectés des logiques journalistes engagent des discussions de fond. Ces entretiens ne tombent jamais dans le piège du jeunisme. Les jeunes quand ils interrogent les politiques ne parlent pas des autres candidats, c'est un échange concret, une parole directe mais jamais facile. Ces conversations portent la réflexion d'un autre système susceptible de remplacer celui qui défaille. Et cette idée là, précisément, n'est elle pas ancrée dans l'opinion ?

Pourtant, tout le cirque habituel ronronne sans prendre en compte les changements qui marquent les esprits. Ce soir, Nicolas Sarkozy va s'exprimer sur France 2. La seule question posée par les gros titres du jour : "Va-t-il refaire son retard sur François Hollande ? "

Sommes nous dans une compétition entre des individus ? Ou s'agit-il d'un débat d'idées pour améliorer les conditions de vie d'une nation ?

D'ailleurs, focaliser sur Nicolas Sarkozy et François Hollande entraine une érosion de leurs côtes de popularité, et par un effet purement mécanique donne du poids aux "ousiders" Marine Le Pen qui peut jouer de l'UMPS , François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon .Pas besoin de sondages pour le préssentir ou le deviner.

N'est il pas venu le temps de suivre les mutations d'une époque en essayant d'adopter une attitude non seulement nouvelle, mais surtout responsable et susceptible de redonner du crédit à la politique ?

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