2 millions 600 mille euros pour le Gabon, et 1 million 800 mille pour le Congo-Brazzaville, affirme Pierre Péan dans son livre, incluant toutes les structures liées à Kouchner ayant travaillé pour l’Afrique.

« Je n’ai jamais touché les sommes dont parle Pierre Péan , se défend Bernard Kouchner, dans le Figaro, le 5 février 2009. J’ai été bien moins payé que la plupart des experts internationaux (Banque mondiale, OMS…) J’ai été rémunéré moins de 6000 euros par mois après impôts sur trois ans pour un travail considérable dont tout le monde peut se féliciter. » Soit, selon les calculs du ministre, 216 000 euros.

Son propre avocat, Georges Kiejman cite, lui, le chiffre de 400 000 euros, soit deux fois plus mais avant impôt, pour des travaux au Gabon s’échelonnant de février 2004 à août 2006 (deux ans et demi), ce qui équivaudrait à un salaire mensuel de 13 000 euros.

Quant au patron de la société IMEDA, Eric Danon, il parle d’un contrat de 1 millions 300 mille euros pour le Gabon (soit 4 tranches de 330 000 euros sur 3 ans) et d’1 million 200 mille euros pour le volet Congo-Brazzaville, qui ne serait pas allé jusqu’à son terme. Selon Eric Danon, 800 000 euros auraient été versés par le Congo-Brazzaville, mais la troisième tranche du contrat n’aurait pas été réglée.

En tous cas, « un million 300 mille euros, pour un tel travail, c’est nettement au dessus des tarifs en vigueur » , nous précise un bon spécialiste des questions de santé en Afrique.

Contacté par nos soins en avril 2008, Eric Danon se contentait de citer le chiffre de « 400 000 euros » versé par Libreville (« Il s’agissait d’un versement à Africa Steps » , explique-t-il à présent) estimant que « six personnes, dont Bernard Kouchner, ont travaillé sur ce projet de système de santé au Gabon au tarif Banque mondiale, plus 10%, c'est-à-dire 800 dollars par jour » , expliquait alors le patron d’Iméda, précisant que « Bernard Kouchner s’est rendu sur place trois fois une semaine » , en plus de ses rencontres à Paris.

Le 17 octobre 2007, la lettre du Continent (qui avait, pour la première fois, évoqué le travail de Kouchner au Gabon, dans un écho paru le 1er juillet 2004) publiait cette énigmatique « devinette » :

« 863 000 euros en cash pour un ministre français »

Quel est le ministre français qui vient de toucher 863 000 euros en cash d’un président africain pour un contrat qu’il avait réalisé avant de prendre son « portefeuille » ? »

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