'ancien ministre allemand des Affaires

étrangères Joschka Fischer critique l'absence d'une intervention plus

importante de l'Allemagne, aux côtés des Français dans l'opération militaire au

Mali, dans une interview accordée au magazine Der Spiegel.

"On ne peut pas dire que le déploiement d'Al-Qaïda au Mali est une menace

pour l'Europe et laisser les autres faire le travail", déclare l'ancien chef de

la diplomatie du gouvernement Gerhard Schröder (1998-2005).

Selon M. Fischer, qui s'est retiré de la vie politique en 2005, l'Allemagne

"devrait soutenir la France".

Véhicule blindé français au Mali
Véhicule blindé français au Mali © REUTERS/Joe Penney

Laurent Fabius a lancé hier un appel pour que la communauté internationale fournisse un appui logistique et financier à l'armée malienne et à la force ouest-africaine au Mali, un appel entendu aujourd'hui par la Russie, qui a proposé à la France d'acheminer des troupes ou du matériels français au Mali. Le ministre des Affaires étrangères a évoqué également une proposition du Canada de transporter des forces africaines.

Moyens de transport oui, troupes non

Hier, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta et son homologue britannique Philipp Hammond ont annoncé qu’il n’était pas dans leur intention d’envoyer des troupes dans la région.

Certes, Leon Panetta a rendu "hommage" à la France qui a "pris l'initiative de tenter de bloquer Aqmi" au Mali. Mais l’aide que le secrétaire américain à la Défense est prêt à fournir se limite à "des renseignements et des moyens de transport aérien à la France".

Angela Merkel avait affirmé mercredi que "le terrorisme au Mali" était "une menace pour l'Europe", en recevant le président ivoirien Alassane Ouattara. Pourtant, la contribution de Berlin à l'opération militaire au Mali se limite pour l’instant à l'envoi de deux avions de transport. Une participation qui choque même au sein du parti de la chancelière : les conservateurs de la CDU.

Au moment où les deux pays s'apprêtent à célébrer leurs 50 ans d'amitié, des voix se font entendre au sein de la majorité d’Angela Merkel pour juger trop faible le soutien à l’allié européen.

Aujourd'hui, c'est l'ancien ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer qui critique l'absence d'une intervention plusimportante de l'Allemagne, aux côtés de la France, dans une interview accordée au magazine Der Spiegel. "On ne peut pas dire que le déploiement d'Al-Qaïda au Mali est une menace pour l'Europe et laisser les autres faire le travail", déclare l'ancien chef de la diplomatie du gouvernement Gerhard Schröder (1998-2005) pour qui l'Allemagne "devrait soutenir la France".

Officiellement, Paris se dit satisfait du soutien offert par l'Allemagne et l’Union Européenne

"La France n'est pas seule, d'abord parce qu'elle est appuyée par les pays européens, qui nous apportent de l'aide sous toute ses formes, ensuite parce que nous travaillons avec les pays africains", a dit François Hollande hier à Tulle.

Dans une interview au Parisien Dimanche, Bernard Kouchner, ancien ministre des Affaires étrangères, estime que la situation au Mali est "l'affaire de tous" et regrette le manque de soutien européen aux opérations engagées par la France. "C'est à désespérer tous ceux qui, comme moi, croient encore à l'Europe".

Interrogé sur la « solitude » française Arnaud Montebourg a répondu vendredi que l'Union européenne n'a pas "déserté" dans l'intervention militaire au Mali."Est-ce que les Européens sont moins rapides que la France? La réponse est 'oui'. Mais est-ce que les Européens ont déserté la question? La réponse est 'non'", a déclaré le ministre du Redressement productif. "Rien ne dit qu'ils ne s'engageront pas aux côtés de la France", a-t-il ajouté. "Je ne crois pas qu'il y ait une solitude française."

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