Serge Charnay reste sur sa grue à Nantes
Serge Charnay reste sur sa grue à Nantes © REUTERS/Stéphane Mahé

Serge Charnay est retranché depuis vendredi en haut d'une ancienne grue du port de Nantes. Il dénonce "les dérives du pouvoir judiciaire" en matière de justice familiale. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est saisi du dossier dimanche. Le Premier ministre a demandé à la ministre de la Justice, Christiane Taubira, et à celle déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, de recevoir la semaine prochaine l'association SOS Papa et d'autres associations de défense des droits des pères.

A la suite de cette annonce, Nicolas Moreno, un second père séparé de ses enfants, est parvenu à monter par surprise sur la grue pour dire à Serge Charnay que le message était passé et lui conseiller de cesser son action. Mais Serge Charnay, qui s'apprêtait à passer une troisièmenuit sur place, a répondu vouloir attendre que les associations soit reçues par Christiane Taubira, a rapporté Nicolas Moreno aux journalistes.

Serge Charnay, en haut e la grue depuis vendredi. Les précisions de Saber Jendoubi.

Le préfet de Loire-Atlantique, Christian Gaillard De lavernée, a répété pour sa part que la justice était prête à examiner le dossier du père divorcé le 28 mars, une offre qu'il avait rejetée vendredi. Serge Charnay s'est vu "confirmer la possibilité de déposer une requête urgente devant le juge aux affaires familiales", indique la préfecture dans un communiqué. Selon le même communiqué :

S'il en manifestait l'intention, un avocat sera présent pour l'accueillir au palais de justice et accompagner sa démarche.

Le préfet de Loire-Atlantique, Christian Gaillard de Lavernée

Cette action spectaculaire survient à quelques jours d'une manifestation prévue mercredi à Nantes par l'association "SVP Papa" pour "dénoncer les dérives du pouvoir judiciaire" en matière de justice familiale.

"Sauver nos enfants"

Les revandications de l'association SOS Papa :Fabrice Mejias est président de l'association de défense des pères séparés

__ Durant l'après-midi, Serge Charnay, qui demande le rétablissement du droit de visite de son fils, Benoît, est descendu en rappel de quelques mètres pour inscrire sur la grue: "Sauver nos enfants de la justice".

En fin de journée, la police a fait passer de l'eau à cet ancien informaticien de 43 ans au RSA. Il avait auparavant menacé de porter plainte pour mise en danger de la vie d'autrui si les forces de l'ordre persistaient à lui refuser tout ravitaillement. Il assurait ne plus avoir d'eau, ni de nourriture. Il indique dans un communiqué :

Je ne fais pas une grève de la faim et de la soif, je suis assiégé par les forces de l'ordre. Je ne veux pas qu'un papa soit obligé de faire une grève de la faim pour réclamer son droit à voir ses enfants. Tant que je suis là, quelques papas renonceront à se foutre en l'air de désespoir.

Grue Nantes
Grue Nantes © Radio France

Serge Charnay avait été incarcéré quatre mois entre septembre 2011 et janvier 2012 pour avoir enlevé son fils des mains de ses grands-parents maternels afin de "l'emmener en vacances".

Son communiqué a été transmis dimanche par l'intermédiaire de la mère de Nicolas Moreno, qui s'était lui aussi réfugié dans la nuit de vendredi à samedi en haut d'une autre grue du port de Nantes par "solidarité" avec Serge Charnay.

Nicolas Moreno, un grimpeur-élagueur de 34 ans, père de deux garçons en bas âge, qui habite Romans-sur-Isère (Drôme), a expliqué avoir voulu lancer "un message à tous les papasdésespérés".

Il avait déjà entamé une grève de la faim en novembre à Valence (Drôme), après la décision de la justice de fixer la résidence principale de ses enfants dans les Landes, où a déménagé leur mère.

D'après les chiffres du ministère de la justice, en 2010, près de 73% des enfants résidaient principalement chez leur mère après un divorce ou une séparation. Les précisions de François-Xavier Lambert

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