Lors de la présentation du préprogramme, Dominique Bluzet, directeur de trois théâtres à Marseille et à Aix-en-Provence, a donné un parfait résumé du contexte, à un an du lancement : "Il y a eu un temps politique, un temps économique. C'est maintenant le temps des artistes. On est au pied du mur, face au défi."

Sur près de 2.500 projets culturels déposés, moins d'un demi-millier sera labellisé Marseille Provence 2013. Beaucoup d'appelés donc, mais peu d'élus. Après la frustration, les porteurs de projets recalés ou alternatifs entendent eux aussi exister l'an prochain et s'inscrire dans l'année européenne, même si cela doit se faire en dehors de la programmation officielle.L'initiative est inédite : pour la première fois, une programmation "off" cohabite avec le "in". L'idée a été lancée comme une blague par trois artistes locaux en 2004, quand la candidature de Marseille au titre de Capitale culturelle européenne n'en était encore qu'à ses balbutiements. Les organisateurs de ce "off" souhaitent "faire ce que ne fait pas le "in" : replacer l’artiste au centre de l’événement pour défendre une identité de la ville, bruyante, bouillante, désordonnée, mais vivante et excitante".

Eric Pringels, co-fondateur du "off"

L'équipe du "off" n'entend pas attendre la date de lancement officielle de l'année capitale pour proposer des initiatives. Toute l'année 2012 sera donc ponctuée de levées de fonds pour financer les projets recalés par le "in", d'événements festifs ou d'expositions, pour chatouiller la grand messe officielle, car pour eux, "l’équipe de Marseille Provence 2013 poursuit des objectifs économiques et touristiques". Un avis partagé par d'autres acteurs culturels locaux, plus radicaux, qui dénoncent l'instrumentalisation de la culture à des fin économiques et refusent d'entrer dans un cadre, "in" ou "off".Les explications de François Pécqueur, coordonateur des activités du lieu alternatif Le Point de Bascule

Alors autant se positionner en dehors de tout cadre institutionnel. Certains parlent d'un événement "out", sur le principe des squats d'artistes, d'autres de festivals sauvages, d'autres encore planchent, avec des chercheurs, sur les liens entre culture et transformation urbaine. Une chose est sûre, en 2013, ils feront tous entendre leur voix. Et finalement, Marseille et sa région vibreront certainement de toutes ces influences. Bref, l'année s'annonce riche en événements, label européen ou pas.

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