Après une enquête diffusée vendredi sur les antennes de France Inter et franceinfo concernant des soupçons de surfacturation lors de sa campagne présidentielle de 2017, le leader de la France insoumise s'est en pris aux journalistes de la radio publique.

Radio France porte plainte contre Jean-Luc Mélenchon
Radio France porte plainte contre Jean-Luc Mélenchon © AFP / Gérard Jullien

"La direction juridique de Radio France s'occupe de la plainte en liaison avec notre avocat", a précisé à l'AFP Gaël Hamayon, un porte-parole de la radio publique. 

Après une enquête de la cellule investigation de Radio France sur des soupçons de surfacturation lors de la campagne présidentielle, le leader de la France insoumise s'est en pris dans une vidéo aux journalistes de franceinfo plus particulièrement qui, selon lui, "ont l'air de ce qu'ils sont, c'est à dire d'abrutis".

Cette enquête, comme toutes celles de la cellule Investigation, est l'oeuvre d'une équipe de journalistes travaillant pour l'ensemble de Radio France, et est relayée sur les supports audio et numériques de France Inter, France Culture et de franceinfo. 

Pour Guy Lagache, le directeur des antennes de Radio France

On ne peut pas laisser passer de telles insultes

Pour Guy Lagache, "La cellule a travaillé plusieurs mois avec rigueur, elle a donné la parole à toutes les parties. Nous avons relayé les propos de l'avocat de Sophia Chikirou. La cellule a travaillé de façon indépendante impartiale et rigoureuse. La cellule travaillait sur ce sujet depuis des mois". 

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Guy Lagache, directeur des antennes de Radio France : plainte contre Jean-Luc Mélenchon

Par Lionel Thompson

Le directeur de franceinfo Vincent Giret a dénoncé samedi une attaque "irresponsable" de Jean-Luc Mélenchon qui a traité d'"abrutis" et de "menteurs" les journalistes de la radio publique qui enquêtent sur ses comptes de campagne présidentielle.

La présidente de Radio France Sibyle Veil a apporté son soutien au 'professionalisme et à la qualité du travail d'investigation' des journalistes. 

La Société des Journalistes de Radio France  a publiée une lettre ouverte indiquant que Jean-Luc Mélenchon, non content de critiquer le travail des journalistes, invitait ses "soutiens à nous « pourrir » et nous « discréditer »,

La SDJ relève particulièrement que Jean-Luc Mélenchon " demande à ceux qui nous suivent de relayer nos arguments, de montrer pourquoi France Info ment et de discréditer les journalistes qui s'y trouvent"." Relayez, relayez sans arrêt. Pourrissez-les partout où vous pouvez. Parce qu'il faut qu'on obtienne au moins un résultat […] il faut qu'à la fin il y ait des milliers de gens qui se disent 'Les journalistes de France Info sont des menteurs, des tricheurs'."

La SDJ interpelle Jean-Luc Mélenchon sur les conséquences que pourraient avoir des propos aussi violents. 

Si demain un ou une journaliste de Radio France se faisait physiquement agresser par une personne habitée d’une 'haine juste et saine' et qui aurait mal interprété votre appel à 'pourrir' des 'abrutis', quelle serait alors votre réaction ?

La SDJ qui rappelle que les journalistes de la cellule investigation de Radio France s’intéressent autant aux comptes de campagne de la France Insoumise qu’à ceux de La République en Marche.

Le SNJ  et le SNJ -FO, syndicats de journalistes ont également réagit. Le SNJ-FO rappelle que "nos avocats avaient reçu mandat d’étudier une procédure liée aux propos diffamatoires de Jean-Luc Mélenchon. Ils en étudient désormais une seconde pour cet appel à la haine et la violence contre une cible parfaitement identifiable, « les journalistes de France Info », une procédure qui relève pour le coup du pénal."

Ce qui déplait à Jean-Luc Mélenchon

L'enquête de la cellule investigations de Radio France précise que la justice soupçonne l’existence de surfacturations lors de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Au centre des investigations, la société Médiascop de Sophia Chikirou a facturé au candidat des prestations à des prix étonnamment élevés qui ont par la suite été remboursées par l’État.

L’agence de communication a facturé pour près de 1,2 millions d’euros de prestations, soit 11 % du budget total de la campagne. Situation inhabituelle, Mediascop employait une dizaine des membres du staff du candidat. Chez tous les autres candidats à la présidentielle ces fonctions étaient directement rattachées à l’association de financement de campagne qui payait leurs salaires. Jean-Luc Mélenchon a fait le choix de confier une bonne partie de son équipe à la société de Sophia Chikirou.

Les journalistes de Radio France ont examiné les factures qu’elle a émises, rencontré certains de ses anciens employés et tenté de retracer l’ensemble de ses activités. 

Lire la lettre ouverte de la Société des Journaliste adressée à Jean-Luc Mélenchon

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