Rappel de l’acte I : Une enquête, deux procédures

Une vague d’interpellation se déroule fin novembre 2009 ; une opération « mains propres » comme on n’en avait pas vu depuis longtemps sur la Côte d’Azur.

L’enquête de la PJ de Nice et du Groupe d’intervention régionale de Marseille aurait démarré il y a deux ans à la suite de la transmission d’un dossier des policiers anti-mafia italiens. La PJ aurait été informée des activités douteuses d’un certain Giovani Tagliamento , dit « petite araignée », connu des services de police dans les années 90 pour être un représentant de la Camorra sur la Riviera, reconverti depuis dans le BTP avec pignon sur rue. S’en est suivi un travail classique d’enquête avec mises sur écoute, qui s’est resserré sur celui qui semble faire la pluie et le beau temps dans la région en matière de terrassement et de murs de soutènement : Lino Alberti. Les enquêteurs s’intéressent à deux de ses contacts privilégiés : le maire de Beausoleil, Gérard Spinelli, et le Sénateur maire de Saint Jean Cap Ferrat, René Vestri.

Le Cas Vestri

Les enquêteurs perquisitionnent chez René Vestri, découvrent une très grosse somme d’argent en liquide dans un coffre (400 000 euros). Le sénateur maire explique sur TF1 (toujours dans le reportage de 7 à 8) qu’il s’agit d’un héritage et qu’il a oublié de prévenir le fisc. Les enquêteurs trouvent également des traces de comptes dans des paradis fiscaux, crées par un financier, Silvio Perlino, installé à Monaco. Le 20 Janvier, le Sénat a décidé de lever partiellement l’immunité dont bénéficie René Vestri ; mais il l’a assortie d’une condition qui fait tousser voire hurler dans les milieux policiers et judiciaires : René Vestri ne pourrait être à nouveau entendu que dans le cadre d’un hypothétique contrôle judiciaire. Si le juge souhaite un placement en détention provisoire comme pour Gérard Spinelli, il ne le pourra pas. C’est une « atteinte très grave » à la notion de séparation des pouvoirs, affirme un enquêteur qui travaille sur le dossier.

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