PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon et plusieurs membres du gouvernement ont assisté lundi soir à une cérémonie de recueillement dans une grande synagogue parisienne en hommage aux quatre victimes de la tuerie de Toulouse.

Au même moment, quelques milliers de personnes, dont beaucoup de jeunes, se sont rassemblées place de la République à Paris pour une marche silencieuse. Elles voulaient rendre hommage aux victimes de l'attaque contre l'école juive de Toulouse et aux trois militaires tués la semaine dernière dans le Sud-Ouest par le même homme, toujours en fuite.

Le chef de l'Etat, qui était accompagné de son épouse Carla Bruni Sarkozy, a écouté le grand rabbin du consistoire de Paris, Alain Goldmann, et le président du consistoire Joël Mergui, intervenir tour à tour pour réclamer des mesures supplémentaires afin de protéger la communauté juive.

Son rival socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, et sa compagne Valérie Trierwiller étaient également présents à la synagogue de la rue Notre-Dame de Nazareth, dans le IIIe arrondissement de Paris, en compagnie de l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin. La candidate d'Europe Ecologie-Les Verts, Eva Joly, avait aussi répondu présent.

"Nous ne sommes pas un peuple de vengeance mais nous n'acceptons pas que des vies innocentes soient jetées par terre, assassinées", a dit le rabbin Goldmann, doyen du judaïsme parisien, en rappelant qu'il était déjà en fonction lors des attentats de la rue Copernic, en octobre 1980, et de la rue des Rosiers, en août 1982.

Il a déclaré espérer que "tout soit mis en place pour que pareil crime ne se reproduise" et a souligné que le drame l'avait personnellement touché, ayant connu tout jeune le père de famille assassiné et ayant vu naître ses deux enfants, eux aussi tués par balles.

Joël Mergui a remercié Nicolas Sarkozy comme François Hollande pour leur soutien et a évoqué une "peine, une douleur, une blessure" de la communauté juive "et bien sûr de la communauté nationale".

"Je voudrais très vite que ce barbare, cet assassin soit mis hors d'état de nuire", a-t-il ajouté après avoir exprimé une "pensée profonde" pour les militaires assassinés dans des circonstances similaires à Toulouse et Montauban.

Lors de la marche silencieuse place de la République, beaucoup de manifestants portaient des drapeaux français et les élus avaient revêtu leur écharpe tricolore, à l'image des socialistes qui ont défilé en ligne en se tenant par le bras.

On pouvait notamment reconnaître l'adjointe au maire de Paris Anne Hidalgo et le député PS Jean-Marie Le Guen. Le candidat du Front de gauche, Jean Luc Mélenchon, et Eva Joly étaient aussi annoncés.

"En France, on tue des juifs, des noirs et des arabes" pouvait-on lire sur une banderole.

"Je suis venu après cette horreur, comme tous les Français, tous les républicains. Il faut une tragédie comme ça pour que tout le monde s'unisse et ça c'est terrible", a dit à Reuters le chanteur Enrico Macias.

Yann Le Guernigou et Elizabeth Pineau, édité par Guy Kerivel

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