le pape préside la procession du chemin de croix à rome
le pape préside la procession du chemin de croix à rome © reuters

Un mois jour pour jour après son élection, le pape François a pour la première fois signifié son intention de réformer la Curie romaine en créant une commission de huit cardinaux chargée de le conseiller sur les mesures à prendre.

L'administration centrale du Vatican est tenue pour responsable des scandales et des dysfonctionnements qui ont affecté l'Eglise catholique durant les huit années de la papauté de Benoît XVI, le prédécesseur de François qui a démissionné en février pour raisons de santé.

Les huit prélats, originaires des cinq continents, viennent d'Italie, du Chili, d'Inde, d'Allemagne, de la République démocratique du Congo, des Etats-Unis, d'Australie et du Honduras. En optant pour la diversité, le pontife démontre qu'il prend au sérieux le souhait, formulé par de nombreux évêques, de voir le Vatican prendre davantage en compte leurs aspirations.

Le groupe sera présidé par l'archevêque Giuseppe Bertello, président du Gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican. Ce dernier est désormais considéré comme le favori pour succéder à un autre Italien, le cardinal Tarciscio Bertone, l'actuel secrétaire d'Etat, de facto "Premier ministre" de l'Eglise.

La commission tiendra sa première réunion officielle début octobre à Rome. Elle conseillera le pape "sur la gouvernance de l'Eglise universelle" et sur des modifications à apporter à son administration, indique le Vatican.

Marie Duhamel à Rome

Limiter la durée des mandats des prélats de la Curie

Le pape d'origine argentine, né Jorge Mario Bergoglio et ancien archevêque de Buenos Aires, a déja été en contact avec chacun des membres de la commission, précise le Vatican.

La commission consultative examinera aussi les changements apportés en 1988 par le pape Jean Paul II, le prédécesseur de Benoît XVI, au statut de la Curie. La dernière grande réforme de la Curie avait été menée par le pape Paul VI en 1967.

Outre Bertello, la commission comprend les cardinaux Francisco Javier Errazuriz Ossa (Santiago du Chili), Oswald Gracias (Bombay), Reinhard Marx (Munich), Laurent Monsengwo Pasinya (Kinshasa), Sean Patrick O'Malley (Boston), George Pell (Sydney) et Oscar Andres Rodriquez Maradiaga (Tegucigalpa).

Mgr Marcello Semeraro, un Italien, fera office de secrétaire. Le nouveau pape, qui hérite d'une Eglise éclaboussée par les affaires de pédophilie, le scandale des fuites du VatiLeaks et des luttes intestines au sein de la Curie, étudie actuellement les pistes à sa disposition.

Le pape François pourrait notamment limiter la durée des mandats des prélats de la Curie, afin de lutter contre le "carriérisme" et le cloisonnement qui a favorisé la création de "fiefs" au sein de l'administration centrale de l'Eglise.

Les réunions des cardinaux et le conclave qui ont précédé l'élection de François avaient été l'occasion d'un vaste débat entre les dignitaires de l'Eglise sur l'avenir de l'institution et avaient débouché sur l'arrivée sur le trône de Saint Pierre du premier pape non-européen.

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