Relaxe générale dans l'affaire du Concorde
Relaxe générale dans l'affaire du Concorde © Air France

Douze ans après l'accident qui a coûté la vie à 113 personnes, Continental Airlines et toutes les personnes poursuivies au pénal ont été relaxées. Ils étaient pousuivis pour homicides involontaires. Stanley Ford et un mécanicien de Continental, John Taylor, ont été relaxés en appel, de même que Claude Frantzen, un des principaux dirigeants de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) de 1966 à 1994. En première instance, en 2010, le tribunal de Pontoise avait condamné la compagnie aérienne américaine à 200 000 euros d'amende et John Taylor, à 15 mois de prison avec sursis. Les autres avaient été blanchis.Le 25 juillet 2000, un Concorde d'Air France transportant 109 passagers, en majorité des touristes allemands, avait pris feu peu après son décollage de Roissy et s'était écrasé sur un hôtel de Gonesse, y tuant quatre personnes. Le train d'atterrissage avait percuté une lamelle en titane de 43,5 cm, une "bande d'usure" tombée d'un avion de la compagnie américaine Continental Airlines. La pièce avait été mal montée par John Taylor, qui travaillait sans contrat de travail pour Continental. Mais la cour a considéré que cette faute n'était pas de nature pénale car les hommes ne pouvaient savoir que des débris du pneu projetés contre l'aile et dans le réacteur du Concorde allaient endommager la propulsion et perforer un réservoir situé sous l'aile, entraînant une fuite de kérosène qui a provoqué l'incendie fatal.

Des condamnations au civil

La cour d'appel de Versailles a en revanche reconnu la responsabilité civile de Continental et de deux subordonnés, les condamnant à verser plusieurs centaines de milliers d'euros aux familles de victimes présentes et un million d'euros à Air France.

C'est une décision surprise, Olivier Boy :

Elle a aussi relevé que des dizaines d'incidents similaires à celui ayant provoqué l'accident fatal étaient survenus dans les années 1980 et 1990, sans que jamais il ne soit apporté les modifications nécessaires au train d'atterrissage et aux ailes du Concorde, les juges se montrent sévères. Le Concorde a été laissé en vol en raison de "pressions politiques", écrit-elle. Non rentable, le Concorde était maintenu pour des raisons de prestige. La modification des pneus a été abandonnée pour des "raisons financières", ajoute la cour.La DGAC (direction générale de l'aviation civile) a également commis des fautes, dit la cour, puisqu'elle ne s'est jamais assurée de la réalité des modifications recommandées. La DGAC aurait du suspendre le certificat de navigabilité du Concorde pour les imposer."Pendant 12 ans, on a montré du doigt une compagnie d'aviation à tort. Le procès s'achève enfin et la vérité arrive enfin", a affirmé Me Olivier Metzner, avocat de Continental. "Cet arrêt sera historique, parce qu'il relève les fautes des autorités de régulation françaises, les intrusions politiques".Claude Frantzen est cependant relaxé car son poste au sein de la DGAC n'est pas jugé suffisant au sein de la DGACpour qu'il ait pu imposer ses décisions. "J'ai toujours dit que cette affaire ne relevait pas du pénal", a déclaré son avocat, Me Daniel Soulez-Larivière. L'affaire n'est pas totalement terminée puisque le cas de Jacques Hérubel, ingénieur en chef du programme Concorde à Aérospatiale de 1993 à 1995, doit encore être jugé, ainsi que le problème de l'éventuelle faute civile d'EADS.Relaxé en première instance, Henri Perrier, un des "pères" du Concorde, directeur du programme Concorde de 1978 à 1994, ne verra pas la fin du dossier puisqu'il est mort en mai à 82 ans.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.