Renaud Van Ruymbeke

On nage en pleine hypocrisie ! Il n’y a eu aucune volonté politique d’éradiquer sérieusement les paradis fiscaux.

Juge d’instruction au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, Renaud Van Ruymbeke, le magistrat emblématique des “affaires”, a fait partie des sept magistrats qui ont lancé l’appel de Genève, le 1er octobre 1996. Cet appel dénonçait les circuits financiers occultes et réclamait la mise en place d’un véritable espace judiciaire européen pour lutter contre la criminalité internationale.

Lire l’appel de Genève signé par le français Renaud Van Ruymbeke, le suisse Bernard Bertossa, les italiens Edmundo Bruti Liberati et Gherardo Colombo, le belge Benoît Dejemeppe, les espagnols Baltasar Garzon et Real Carlos Jimenez Villarejo.

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Depuis 1996, peu de choses ont bougé en matière de lutte contre les paradis fiscaux constate aujourd'hui Renaud Van Ruymbeke au micro de France Inter.

Le magistrat dénonce "l'hypocrisie" des déclarations politiques actuelles.

Pour Renaud Van Ruymbeke, l'Europe devrait commencer par "balayer devant sa porte" en matière de paradis fiscaux.

Le magistrat critique également l’attitude du Luxembourg ou de la Suisse qui ne se considèrent pas comme des places off-shore, mais qui hébergent des fiduciaires proposant « clé en main des sociétés immatriculées dans des paradis fiscaux »…

Renaud Van Ruymbeke

Alors que la crise financière internationale a mis en lumière les conséquences dramatiques d’un ultra libéralisme débridé, le juge Van Ruymbeke constate que « le libéralisme » implique « des règles du jeu à faire respecter ». Il souhaite la mise en place d'un véritable espace judiciaire européen.

Renaud Van Ruymbeke

Douze ans après l’appel de Genève, Renaud van Ruymbeke fait un bilan assez amer des améliorations judiciaires obtenues en matière de criminalité financière. « On se heurte toujours aux mêmes obstacles, dit-il. Les enquêtes n’aboutissent pas, la plupart du temps. »

Renaud Van Ruymbeke

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Au lendemain du 11 septembre 2001, Renaud Van Ruymbeke avait publié une tribune dans Le Monde (23-24 septembre 2001), intitulée : « Pourquoi les démocraties sont vulnérables », dans laquelle il dénonçait déjà « les réseaux criminels » disposant « de structures offshore qui leur permettent de poursuivre leurs activités dans l’impunité et dans la plus grande opacité, grâce aux outils modernes que leur offre l’économie de marché. »

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