Pour parvenir à son objectif de rénover 500 000 logements par an, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a annoncé des mesures en faveur des plus modestes, et un effort de la part de l'Etat sur son propre parc immobilier. Mais les professionnels du secteur pointent des ambitions revues à la baisse.

C'est devant un lycée d'Angers fraîchement rénové que Nicolas Hulot a présenté son plan
C'est devant un lycée d'Angers fraîchement rénové que Nicolas Hulot a présenté son plan © Maxppp / Josselin Clair

"Il faut créer un choc de confiance : n'ayez pas peur des travaux !". C’est par ces mots que Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique, a résumé l’ambition de son plan de rénovation énergétique des bâtiments, présenté ce jeudi à Angers.

Le but du plan est de rénover les bâtiments publics et privés, afin de réduire leur consommation d'énergie et leurs émissions de gaz à effet de serre. Il prévoit notamment une simplification des dispositifs d'aide existants, qui sont souvent soit ignorés par les Français, soit dissuasifs par leur complexité selon Nicolas Hulot. Le ministre fixe des objectifs chiffrés pour ce plan : rénover 500 000 logements par an, en mobilisant 14 milliards d'euros sur cinq ans, planifiés dans le cadre du Grand plan d'investissement annoncé en septembre par le Premier ministre. 

Une ambition revue à la baisse pour les passoires thermiques ?

Parmi ces 500 000 logements, le gouvernement souhaite que 100 000 logements HLM soient rénovés chaque année par les bailleurs sociaux. Le plan vise aussi la rénovation de 150 000 "passoires thermiques" par an, ces sept à huit millions de logements particulièrement énergivores, occupés notamment par des ménages modestes pour lesquels l'enjeu financier est très important, un logement mal isolé renchérissant les dépenses de chauffage. "Notre priorité est de venir en aide aux plus fragiles face au froid", explique le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard. "14% des Français ont froid dans leur logement. Le plan prévoit donc le déploiement d’une rénovation énergétique abordable qui ne laisse personne sur le bord du chemin".

En ce qui concerne ces passoires thermiques, l’annonce de Nicolas Hulot ne convainc pas Romain Riollet, responsable de projet au CLER, le Réseau pour la transition énergétique : "On avait un objectif dans la loi, qui était de les rénover tous d’ici 2025. Ce que propose aujourd'hui le plan de rénovation, c’est de rénover d’ici dix ans ceux qui sont occupés par leur propriétaire. Donc _on a éliminé de ce périmètre les locataires, et on a repoussé l’échéance_".

L'Etat va rénover son propre parc immobilier

Mais les professionnels du secteur notent des avancées, notamment en ce qui concerne l’aspect financier. Ainsi, le gouvernement prévoit de remplacer le Crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) par une prime dès 2019, afin de permettre aux ménages de toucher l'aide financière plus rapidement. De plus, si aujourd’hui les prêts consentis financent rarement l’intégralité du montant des travaux, les ménages les plus modestes devraient désormais pouvoir compter sur les 60 millions d’euros du Fonds de garantie pour la rénovation énergétique pour financer le reste à charge. « Cela va permettre de sécuriser le crédit », explique Nicolas Mouchnino de l’UFC- Que choisir, « mais il faut faire attention avec ces dispositifs, car pour pouvoir rembourser ce crédit, le consommateur va compter sur l’économie d’énergie et de factures qu’il va obtenir. S’il ne l’obtient pas, il va devoir et rembourser le crédit et payer ses factures »

L'Etat va aussi agir sur son propre parc immobilier pour faire des bâtiments publics des bâtiments exemplaires, en rénovant le quart d'entre eux en cinq ans, notamment les cités administratives. Les collectivités territoriales pourront aussi bénéficier de 3 milliards d'euros de prêts de la Caisse des dépôts sur le quinquennat. 

Selon les chiffres du ministère de la Transition énergétique, les bâtiments résidentiels et tertiaires représentent 45% de la consommation du pays en énergie, et sont à l'origine d'environ 25% des émissions de gaz à effet de serre.

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