Réponds un peu, si t’es un homme ! Aussi ennuyeux qu’un film dont on connaîssait la fin : il a répondu, avec ses tics, ses coups de menton, ses fausses interrogations faussement indignées : « Que diriez-vous si je ne faisais rien ? Hein ? Hé ? Hou ? Cui-cui ? Que diriez-vous, loulou, hein ? » Les dix zozos sélectionnés pour « Combien ça coûte ? », pardon, pour « Paroles de français » - ça ne s’invente pas - ont opiné du béret ; et Pernaud, l’ami des gâteux qui ont le temps de regarder le JT en pleine journée et de frissonner au temps qu’il fait, Pernaut, a servi la galette au roi comme il fallait, ni chaude ni froide ; Pernaut dont la vie sexuelle intrigue tant les magazines, Pernaut notre horizon indépassable, Pernaut la France d’en bas, basse comme une révérence. La France... Cette chose frippée à vocation universelle, aigre et prétentieuse comme une vieille fille, vaniteuse à la mesure d’une pseudo-splendeur passée, incarnée par l’assemblée dominicale à l’Eglise du village : Fillon (amateur de bagnoles de course, formation de notaire, mèche d’étudiant en capacité en droit, cureton à progéniture élargie), Hortefeux (étudiant en droit également, blond facho tendance Assas), Lagarde (sympathique nageuse, avocate d’affaires, catho sincère, qui avoue en direct que non, le séisme de Haïti ne perturbe pas sa foi, au contraire, on sent bien qu’il y a du divin dans tout ce malheur), Darcos (catho intégriste, qui cherche à faire interdire à l’école un film sur l’avortement en Roumanie, et dont l’objectif de casser l’éducation nationale publique est à peine dissimulé), Besson-le traitre qui en rajoute et se vautre dans sa traîtrise, un peu comme le Général Aussaresse se vautrait dans sa torture etc. etc. Ah : Xavier Bertrand, franc-maçon (« maçon peut-être, mais franc ça se saurait ! » (Copé)). Qui sauver dans ce gouvernement ? Borloo, oui, à cause de ses futals en tire-bouchon de baujolais, et de sa tronche mal réveillée, et Rama Yade pour le plaisir. Et, coupant le gâteau devant des enfants si propres après la messe dominicale, Nicolas Sarkozy. Neuilly c’est la France, la France c’est Neuilly. Tiens, à propos d’enfants, les trois mômes coursés par des crétins de policiers municipaux qui jouaient aux cow-boys, des policiers municipaux comme on les aime à Neuilly et Levallois-Perret, qu’en dit-il le Pernaut ? Il est temps de leur donner des tazers à ces flics ! Et qu’en dit Laurence Ferrari, qui pleurniche sur les enfants d’Haïti, si loin et si convenables, dans leur malheur de petits négros aux yeux plein de larmes qui ruissèlent sur la poussière mais aux dents si blanches ? La France rancie des exilés fiscaux, des richards qui festoyèrent au Fouquet’s avant de repartir en Suisse en attendant de revenir à l’Hôpital Pompidou. Des Jonnhy qui promirent de revenir et ne revinrent pas. Des Aznavour qui glapissent contre le téléchargement illégal avant de ramasser frileusement les sacs de billets qu’ils serrent contre leur poitrine – attention, Charles, il y a un billet de cent qui s’échappe, là, serre bien... La France qui fait des lois sur la récidive, se flatte de la diminution du nombre de professeurs ; qui augmente de 172% le salaire du président de la République à sa demande – quelle grandeur, mais quelle classe ! La France de Rachida Dati qui a honte de ses bagues et emprisonne à douze ans ; du record du taux de suicide en prison ; de l’invention de la peine préventive à perpétuité ; de la bande à Coupat, coupable de ne pas vivre comme les autres et emprisonné sept mois pour petite rêverie révolutionnaire. La France de Bouygues, fournisseur de temps de cerveau disponible, de Solly, ex directeur de campagne de Sarko promu à TF1, de Pérol, ex secrétaire adjoint de l’Elysée promu aux Banques Populaires, de Proglio, pour la double rémunération duquel le Président se bat en personne, la France des avocats d’affaires aux affaires, Sarko, Lagarde... « Les français ont un mauvais rapport à l’argent » (Xavier Bertrand). Non, pas du tout : ils ont compris : ils en ont marre de se faire plumer, flouer, rouler, extorquer au nom de l’égalité des chances et du mérite des Jean Sarkozy à la Défense et des riches qu’il faut protéger sinon ils créeront pas d’emplois pour les pauvres. La preuve, le chômage explose. Mais s’il n’y avait pas le bouclier fiscal, qui incite les riches à se préoccuper des pauvres, il augmenterait encore plus, donc il faut baisser les impôts. Et sinon, tous les riches ils partiront. Il est parti Proglio, quand on lui a enlevé 450000 euros par an ? Paraît qu’il devait partir en hâte gagner du fric en Syldavie. Toujours là. La preuve qu’on peut vraiment taxer à 90% toutes ces rémunérations obscènes sans que rien ne change. « Oui, mais Proglio est un artiste ! » Pas du tout : un artiste pique du fric à ceux qui l’aiment, c’est loyal, un Proglio à ceux qui suent pour lui, plus aux consommateurs qui sont bien obligés de boire sa flotte. C’est pas pareil. La France où des ministres osent se vanter de taux de reconduite à la frontière, se vanter de quotas humains ! Non de bestiaux, répétons, mais de quotas concernant des êtres humains, comme autrefois on se vantait de quotas offerts en sus aux Allemands (ça c’était pendant l’Occupation) ou en moins (ça c’était après l’Occupation). La France où pour faire oublier le malheur des banlieues on dévoilera quelques imbéciles en burqua. La France où le Président nomme les patrons des chaînes publiques, et à la trouille d’affronter des vrais journalistes un peu pros, un peu rodés aux questions économiques et politiques ; courageux, oui, mais derrière le bouclier de Pernaud. C’était quelques paroles de français.

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