par Ed Stoddard

JOHANNESBURG, 20 août (Reuters) - Un quart des employés de la mine de platine de Marikana, en Afrique du Sud, théâtre d'une fusillade qui a coûté la vie à 34 grévistes tués par la police, ont repris le travail lundi après un ultimatum de la direction les menaçant de licenciement.

"Les salariés arrivent peu à peu et actuellement le taux de présence s'établit à 27%. Mais c'est difficile de savoir si les grévistes sont vraiment revenus", a déclaré un porte-parole de l'exploitant de la mine, Lonmin.

La direction avait prévenu samedi que les grévistes qui ne se présenteraient pas lundi seraient licenciés.

Par la suite, Lonmin, qui a confirmé dans un communiqué que les opérations ont repris à Marikana, a accordé un sursis de 24 heures à ses employés.

Trente-quatre des 3.000 ouvriers grévistes ont trouvé la mort jeudi lorsque la police a fait usage d'armes automatiques contre des mineurs armés de machettes, de sagaies et de pistolets.

La fusillade a provoqué la stupeur en Afrique du Sud et renvoyé la population aux pires heures de l'apartheid.

Une équipe d'enquêteurs nommés par le président Jacob Zuma, qui a décrété une semaine de deuil après le drame, devait se rendre lundi à la mine, située à une centaine de km au nord-ouest de Johannesbourg.

CONFLIT ENTRE SYNDICATS RIVAUX

Aucun incident n'a été signalé lundi matin sur le site où une forte présence policière a été déployée, a fait savoir le porte-parole de la police Dennis Adriao.

Plus de 250 personnes ont commencé lundi à comparaître devant un tribunal des environs de la mine pour répondre de chefs d'inculpation tels que meurtre, tentative de meurtre et voies de fait en relation avec le drame du 16 août.

Selon des médias, une centaine de femmes se sont rassemblées devant le tribunal pour réclamer la clémence pour les mineurs poursuivis, qui ont le plus souvent des familles nombreuses à nourrir.

La fusillade de jeudi a révélé le mécontentement d'une partie des adhérents du Syndicat national des mineurs (NUM), premier syndicat sud-africain, qui est aussi un tremplin vers l'ANC, le parti au pouvoir, et l'un des principaux appuis du président Jacob Zuma.

La correspondance de Sophie Ribstein

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Inter treize - AfSud extrait Q/R Ribstein

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Les mineurs en grève, qui réclament des hausses de salaire, appartiennent à l'Association du syndicat des mineurs et des ouvriers du bâtiment, un mouvement récent qui se pose en concurrent du NUM.

Dix hommes avaient été tués avant la fusillade de jeudi dans des affrontements intersyndicaux.

Lonmin, le troisième producteur de platine au monde avec 12% de la production mondiale, fait face à des prix et à une demande faibles et pourrait ne pas atteindre son objectif d'une production annuelle de 750.000 onces.

Marine Pennetier et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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