Florence Aubenas reçoit aujourd’hui le prix Amila Meckert, une distinction qui récompense tous les ans un ouvrage "d'expression populaire et de critique sociale".

Pour son livre "Le Quai de Ouistreham", la journaliste a déjà reçu le prix Joseph Kessel 2010.

Et surtout Florence Aubenas a déjà vendu 220 000 exemplaires d’un livre en tête des ventes des essais et documents pour le mois d’avril, selon le classement mensuel IPSOS-Livres Hebdo.

Nasser Madji s’est rendu à Ouistreham, pour rencontrer certains personnages, certains acteurs du livre et pour mesurer l'engouement que suscite cette histoire, sur les lieux mêmes où elle a été vécue et écrite.

Parmi les lecteurs du livre, beaucoup qui habituellement ne lisent pas de livres.

Dans "Le quai de Ouistreham" Florence Aubenas raconte comment, durant six mois, elle s’est glissée dans la peau d’une autre : une travailleuse précaire, allant de contrat en contrat pour tenter de gagner sa vie.

A Ouistreham, Florence Aubenas a travaillé sur un ferry. Elle y faisait le ménage. Un travail très dur mais une expérience humaine aussi qui a débouché sur ce livre qui parle à beaucoup, mais d’abord aux habitants de cette commune du Calvados.

A la grande surprise de ce libraire d’Ouistreham, qui a vu défiler dans sa boutique des gens qui habituellement ne lisent pas de livres.

Yann Pollet

Elle parle bien de la dureté de la vie.

Si certains ont découvert, peut-être avec surprise, les situations que décrit Florence Aubenas, la vie de beaucoup de français est faite aujourd’hui de course contre le temps, de tension permanente, de peu de sommeil.

Alors c'est sûr, énormément de lecteurs et de lectrices se sont identifiés aux personnages. Comme Jacqueline Bisson.

Son truc, d'habitude ce sont plutôt les mots croisés. Mais elle qui toute sa vie a travaillé comme femme d’entretien, elle immédiateùent eu envie de live le livre.

Jacqueline Bisson

Fiers que leur métier soit sorti de l'ombre

Dans le livre ils s'appellent Jeff, Amanda, Françoise, Sylvie ou Olivier.

Un certain nombre d’entre a accepté de rencontrer Nasser Madji dans les locaux de la société Sin & Stes, l’entreprise sous-traitante qui recrute des salariés pour le nettoyage des ferrys. Florence Aubenas y a travaillé.

Jeff (de son vrai nom Raymond Saad), Olivier (Patrick) et Sylvie (Lydie) sont fiers qu'un livre ait mis en lumière "les hommes de l'ombre", comme ils se décrivent.

Elle a fait son boulot, exactement comme les autres

Ils sont très bien pris la démarche de Florence Aubenas : endosser la vie d'une travailleuse précaire. Ca les a touchés même, parce que, exactement comme eux, elle a vécu et nettoyé, même si c’est sur un laps de temps limité.

Jeff (Raymond Saad), Sylvie (Lydie) et Olivier (Patrick)

La précarité ça peut atteindre tout le monde.

D'une certains manière, sûrement à son corps défendant. Florence Aubenas est devenue une sorte de porte parole d’une précarité qui peut tomber sur la tête de n’importe qui.

Mais pour ceux d’Ouistreham, les situations difficiles, les boulots précaires et fatigants, ne sont pas une nouveauté due à la crise. Ils touchent juste plus de monde.

Jeff (Raymond Saad), Sylvie (Lydie)

U ne toute nouvelle popularité

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Le quai de Ouistreham © radio-france
Aujourd’hui Sandra, Sylvie, Jeff et Olivier éprouvent de la reconnaissance envers Florence Aubenas et de l’amitié.

Si la journaliste donne des interviews et signé autographes, eux aussi découvrent une toute nouvelle notoriété, qui les faits bien marrer...

Jeff (Raymond Saad), Olivier (Patrick)

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