[scald=103767:sdl_editor_representation]VALENCE, Drôme (Reuters) - "Rien n'est gagné, mais rien n'est perdu", a déclaré mardi François Hollande en réponse aux derniers sondages qui le placent au coude à coude avec Nicolas Sarkozy pour le premier tour de la présidentielle.

En visite à Valence dans la Drôme, le candidat socialiste à l'élection présidentielle a appelé au rassemblement sur son nom dès le premier tour tout en ironisant sur le bilan du président.

"Rien n'est fait, rien n'est acquis, rien n'est gagné, mais rien n'est perdu", a-t-il déclaré lors d'un meeting organisé en plein air à l'heure du déjeuner devant quelque 2.000 personnes.

"C'est le premier tour qui fait l'élection, le second confirme le premier tour. Vous devez vous rassembler dès le premier tour, je respecte les autres candidats de la gauche, ils ont leur place, ils ont leurs droits, mais ce qui m'habite, moi, c'est que je veux gagner l'élection présidentielle", a-t-il ajouté. "Permettez moi d'y parvenir, non pas pour moi-même, mais pour la France".

Un sondage Ifop-Fiducial pour Europe 1, Paris Match et Public Sénat publié dans la nuit de lundi à mardi place pour la première fois le président sortant devant son adversaire socialiste dans les intentions de vote pour le premier tour.

Un autre sondage TNS-Sofres publié plus tard dans l'après-midi donne à François Hollande quatre points d'avance sur son rival au premier tour. Le socialiste est donné largement gagnant au second dans tous les cas.

"Je tiens le cap, je ne dévie pas, je connais la route, je garde le rythme, je sais où je veux vous emmener, c'est le 6 mai, c'est la victoire, pour la République et pour la France", a insisté François Hollande à Valence.

Présent à ses côtés, Manuel Valls, son directeur de communication, a invité à la vigilance face à aux sondages.

"Qui croire ? Quelle est l'enquête d'opinion qui dit la vérité ? Attention aux sondages !", a-t-il prévenu. "Ce qui ne peut pas leur échapper, c'est l'élection. Au premier tour, François Hollande doit être le plus haut possible. C'est possible car on sent un désaveu dans le pays pour Nicolas Sarkozy".

"FUITE EN AVANT"

Dans son discours, le député socialiste n'a pas épargné le président, dont il a de nouveau fustigé le bilan.

"Le candidat sortant s'est lancé dans une course à brides abattues, mais c'est plutôt une fuite en avant", a-t-il dit.

"Il est élu depuis cinq ans, et il aurait appris que ce n'est pas facile, que la tâche est lourde et qu'il ne peut pas respecter ses promesses. Il nous a appris surtout qu'il n'était pas un bon président".

"Voilà qu'en fin de mandat", Nicolas Sarkozy "est touché par la révélation", a encore déclaré François Hollande.

"Il est resté inerte pendant cinq ans devant 400.000 emplois perdus dans l'industrie et c'est maintenant qu'il se porte au secours de l'emploi en appelant au secours ses amis du Cac 40", a-t-il ajouté en référence au récent sauvetage de l'entreprise de lingerie Lejaby par un sous-traitant du groupe de luxe LVMH.

Pour le candidat socialiste, "la France ne peut pas se laisser abuser cinq ans de plus".

"Il y a toujours un risque, selon le vieil adage populaire, on sait ce qu'on a, mais on ne sait pas ce qu'on va avoir. Mais c'est parce qu'on sait ce qu'on a qu'on prend le risque de ce qu'on va avoir", a-t-il dit.

François Hollande a par ailleurs dénoncé l'idée avancée par le président de l'Office français de l'immigration Arno Klarsfeld, soutien de Nicolas Sarkozy, d'"élever un mur, avec des barbelés, si nécessaire, entre la Grèce et la Turquie".

"Outre qu'entre la Grèce et la Turquie il y a la mer et que ça serait une difficulté, pour la partie terrestre, en arriver à dire qu'en Europe il faut mettre des murs quand les autres se sont brisés sous la pression des peuples pour la liberté", a dit l'élu socialiste. "Ce n'est pas notre vision du monde".

Catherine Lagrange, édité par Patrick Vignal

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