Les éditions Bartillat ont la bonne idée de publier le "Journal de Vézelay" de Romain Rolland. Une audace éditoriale en ces temps de philosophie de terrain, chemise ouverte et cheveux au vent.

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bartillat © Bartillat

Qui se souvient donc de Romain Rolland? Une grand-mère bercée par les aventures deJean-Christophe, de Colas Breugnon (si elle est bourguignone) ou enhardie par le caractère d'Annette dans l'Ame Enchantée ? Peut-être. Même pas sûr.

Pourtant, Romain Rolland est l'homme de "Au-dessus de la mêlée" en 1914, refusant l'idée d'une guerre fraticide entre France et Allemagne.

Germanophile, proche du peuple, il ne pouvait se résoudre à la boucherie annoncée. Il s'installe en Suisse, terrain neutre, idée libre.

Germanophile donc, compagnon de route du Front Populaire, un temps séduit par les sirènes communistes, voici cette conscience majeure du XXème siècle de retour sur sa terre de Bourgogne, à Vézelay, dans les dernières années de sa vie.

Face à la montée du nazisme, le pacifisme a ses limites, il faut combattre cette bête monstrueuse et se désole de voir la France déboussolée. Le Troisième Reich le lui rend bien.

Vézelay, il l'observe au quotidien, en ces années de guerre. La grande histoire, il la décrypte à la lueur de sa pensée.

On croise Claudel, Péguy, Hermann Hesse. Le Journal ne fait pas d'effet de style. C 'est clinique et sans fioriture. "Mercredi 29 janvier 1941- Mes 75 ans. Ai perdu le goût à la vie" , écrit Romain Rolland, et passe à autre chose, le quotidien, le banal.

Il en a fini avec les grandes déclarations, les joutes intellectuelles, mais il observe lucidement l'humanité s'abîmer.

L'association Romain Rolland

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Romain Rolland © Radio France
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