[scald=47865:sdl_editor_representation]par Mathieu Baratas

TAKAPUNA, Nouvelle-Zélande (Reuters) - Après avoir effectué des essais lors des premiers matches de la Coupe du monde, le sélectionneur du XV de France Marc Lièvremont se rapproche d'une équipe-type, ce qui a pour conséquence de mettre à l'écart sept joueurs.

Le couperet est tombé pour Guilhem Guirado, Romain Millo-Chluski, Fulgence Ouedraogo, Louis Picamoles, Jean-Marc Doussain, David Marty et Damien Traille qui prendront place dans les tribunes pour assister à la rencontre France-Tonga et probablement au quart de finale en cas de qualification.

Le cas du pilier Nicolas Mas est différent. Convalescent, il devrait retrouver le groupe lors des phases finales.

Après avoir longtemps répété qu'il n'y avait pas d'équipe type, Marc Lièvremont a envoyé le message contraire en figeant son équipe dans la perspective d'un quart de finale probable contre l'Angleterre.

"Je l'ai dit : c'est une équipe très proche de celle qui sera aligné en quart de finale. Après les deux premiers matches, j'avais annoncé qu'on irait vers moins de changements et c'est le cas", a-t-il reconnu mardi en conférence de presse.

Ce statut de "toasties", surnom donné en 2003 aux joueurs en tribune, n'est pas simple à vivre mais l'entraîneur français compte toujours sur eux.

"Dans chaque Coupe du monde, dans chaque compétition, ce sont des problématiques qui se présentent. Ce qui fait la réussite au sein d'un groupe, c'est aussi les joueurs qui ne jouent pas. Ils pourraient être impliqués. Parce qu'il peut y avoir des blessures mais pas seulement", a poursuivi Marc Lièvremont.

"J'ai le sentiment que tous les joueurs peuvent être amenés à postuler à tout moment, et je m'en félicite. Ils sont au niveau et doivent continuer à bosser. Bien sûr, ils sont déçus et c'est légitime mais ce sont des compétiteurs. Ils ont déjà la chance de participer à cette aventure. Rien ne dit que ce groupe sera figé jusqu'à la fin de la compétition", a-t-il ajouté.

"PETITES TENSIONS"

Ce choix a déjà engendré beaucoup de frustration chez des joueurs comme Millo-Chluski et Ouedraogo, conscients de ne pas avoir saisi leur chance lors de leur unique titularisation face au Canada (46-19).

"Je l'ai connu à la dernière Coupe du monde, c'est toujours difficile. Il faut garder une lueur dans l'esprit en raison des risques de blessure ou de mauvaises performances des titulaires. C'est important de rester mobilisé", a dit le deuxième ligne Lionel Nallet.

La déception et la frustration des joueurs mis au placard peuvent prendre plusieurs formes : mauvaise humeur, découragement ou déprime passagère. En tout cas, ces états d'âme risquent de mettre à l'épreuve la vie de groupe.

"Non, cela va bien. Il y a ceux qui jouent et ceux qui ne jouent pas. Il peut y avoir des petites tensions entre", a minimisé Médard.

"Dans un groupe de trente, il y a toujours des déçus. On vit ensemble toute la semaine et ce n'est pas évident pour ceux qui jouent et ceux qui ne jouent pas. C'est compliqué", a dit le troisième ligne Imanol Harinordoquy.

Pour légitimer les choix de Lièvremont, les joueurs présents sur la pelouse de Wellington devront assumer leur statut de titulaires en rendant une partition plus aboutie.

"C'est une semaine capitale d'abord en termes de résultat et aussi pour l'état d'esprit du groupe. C'est un moment important. On va voir si on tient bien", a résumé Nallet.

Edité par Luc Folliet et Bertrand Boucey

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