Artemisia Gentileschi est née en 1593. C’est la fille d'Orazio Gentileschi, l’un des plus grands peintres de la Rome Baroque et un proche du Caravage.

Orpheline de mère à douze ans, Artemisia grandit dans l'atelier de son père. Elle devient son apprentie, se révèle très vite douée.

En 1610, elle signe un premier tableau, « Suzanne et les vieillards » (conservé à Pommersfelden, en Allemagne), alors qu'elle n'a que 17 ans.

Six dates

1593 Naissance à Rome

1610 Premier tableau « Suzanne et les vieillards » à 17 ans

1611 Victime d’un viol, elle est torturée au procès de son agresseur pour prouver qu’elle dit bien la vérité.

1616 Première femme à être acceptée à l’académie de dessin de Florence.

1635 Travaille à la cour de Charles 1er en Angleterre

1652 Meurt à Naples.

A 18 ans, comme l’accès à l’enseignement des Beaux-Arts, exclusivement masculin, lui est interdit, son père la place chez un professeur privé, Agostino Tassi.

Survient le drame qui marquera sa vie et influencera son œuvre. Artémisa Gentileschi est violée par Agostino Tassi. Celui-ci lui promet de l'épouser pour sauver sa réputation, mais il ne tient pas sa promesse et le père d'Artemisia porte l'affaire devant le tribunal papal.

L'instruction dure sept mois et le procès est, à l’époque, retentissant. La jeune fille sera mise au supplice, procédure courante à l’époque pour prouver l’innocence de la victime. Mais elle résiste à la torture et maintient ses accusations. Tassi finit par être condamné à un an de prison et à l’exil des Etats pontificaux, mais il ne purgera pas sa peine.

La vie à Florence

Artemisia Gentileschi : Judith et Olopherne
Artemisia Gentileschi : Judith et Olopherne © Radio France

Artemisia, elle, est mariée en hâte et avec une dot conséquente à un assistant florentin de son père et part pour la Toscane. C’est là qu’elle se révèle.

A vingt-trois ans, elle est admise à l’Accademia del Disegno. C’est la première Académicienne dans toute l'histoire de Florence. À cette appartenance, elle devra sa gloire et surtout sa liberté.

Grâce à cela et à son talent, elle gagne ensuite ses galons de peintre, se lie d’amitié avec Galilée et travaille pour les Médicis. Cette période voit naître notamment « Judith et sa servante » ainsi que son indéniable chef-d'œuvre, une seconde version, plus grande, de sa « Judith décapitant Holopherne », où elle donne ses propres traits à sa Judith, attribuant à Holopherne ceux de Tassi.

Malgré le succès, la période florentine est troublée par des problèmes de dettes importantes. Les deux époux fuient la ville en 1920 pour trouver refuge à Rome.

Rome, Londres et Naples

Dans la capitale, Artemisia se sépare de son mari et s'installe comme une femme désormais indépendante, en mesure de prendre une maison et d'élever ses enfants (dont plusieurs décèdent en bas âge).

Désormais indépendante et autonome, elle est extrêmement demandée et influence à son tour des peintres comme les Français Simon Vouet et Claude Mellan. Elle devient amie des grands maîtres tels que Simon Vouet et Massimo Stanzione, et est reconnue par les plus grands collectionneurs européens.

Vers 1630, elle déménage à Naples où elle passera le reste de sa vie et y connaîtra l’apothéose de sa carrière. Pendant vingt-cinq ans, elle dirige son atelier et forme les grands talents qui prendront la suite : Cavallino, Spardaro, Guarino…

Elle se déplacera beaucoup en Europe, à Venise et surtout à Londres, pour une parenthèse importante.

En 1635, elle rejoint son père dans la capitale anglaise, Orazio étant devenu peintre de la cour de Charles Ier. Elle participe notamment à la décoration d'un plafond (« Allégorie du Triomphe de la Paix et des Arts ») pour la reine Henriette Marie, à la Queen’s House de Greenwich. Son père meurt pendant son séjour londonien.

Il est ensuite difficile de suivre les nombreux voyages d’Artémisia en Europe. On la retrouve à Naples avec certitude à partir de 1642 où elle dirigera un atelier prestigieux jusqu’à son décès, en 1652.

Artemisia Gentileschi : Danae
Artemisia Gentileschi : Danae © Radio France
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