Adel Kermiche, l’un des deux tueurs de Saint-Étienne-du-Rouvray, était très actif sur le réseau social Twitter ou la messagerie Telegram.

Telegram, messagerie cryptée très prisée des djihadistes, selon les services de renseignements
Telegram, messagerie cryptée très prisée des djihadistes, selon les services de renseignements © Reuters / Dado Ruvic

Premier indice : les enquêteurs ont découvert que le téléphone d'Abdel Malik Petitjean a "borné" dans la région de Saint-Étienne-du-Rouvray le 23 juillet 2016, soit le samedi précédant l'attaque. Les deux tueurs se sont-ils rencontrés pour la première fois à ce moment-là ? C'est une possibilité. Et en amont, c'est sans doute par internet que les deux jeunes gens, qui habitaient à 700 km de distance, sont entrés en contact.

Adel Kermiche, assigné à résidence chez ses parents, était très actif sur la toile, via la messagerie cryptée Telegram, comme le révélait le journal l'Express  : il y communiquait avec200 personnes, grâce à des messages chiffrés qui ne passent pas par un serveur. Sur cette messagerie qui permet d'échanger messages, photos, vidéos et documents, toujours selon le journal l’Express, il avait aussi décrit par avance le mode opératoire de l'attentat, mentionnant "un couteau" et "une église".

Telegram, créé en 2013, est régulièrement pointé du doigt par les autorités comme l'un des moyens de communication préféré des jihadistes, du fait de son système de cryptage.

Une faille du système français

Adel Kermiche se servait également de Twitter, sous différents pseudonymes, pour y discuter de religion, avec ses 1900 abonnés.

Il séduisait aussi les jeunes femmes, les demandant en mariage, pour coucher avec elles, avant de les répudier ensuite. Plusieurs d'entre elles avaient mis en garde leurs amies : les messages, toujours en ligne, datent d'il y a un mois et demi.

Comment cette intense activité numérique a-t-elle pu passer inaperçue des services judiciaires, chargés de suivre le jeune homme, assigné à résidence ? C'est une des questions de l'enquête…et l’une des failles déjà identifiée du système français, qui fait qu'une fois placé sous main de justice, un individu n'est plus surveillé par les services de renseignement.

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