[scald=84039:sdl_editor_representation]par Yann Le Guernigou

PAMIERS, Ariège (Reuters) - A la veille d'un sommet social rebaptisé "sommet sur la crise", Nicolas Sarkozy a défendu mardi la nécessité de baisser le coût du travail en France pour favoriser l'emploi et la croissance, qui sera au centre des discussions avec les partenaires sociaux.

Le chef de l'Etat, qui s'exprimait dans le cadre de ses voeux à la France rurale, a indiqué qu'il s'agissait de tourner le dos à 40 ans de pratiques pour mieux valoriser le travail.

"La question doit clairement être posée : est-ce que la société française fait le choix de l'emploi, donc de la croissance, donc de la compétitivité, ou est-ce que la société française fait le choix du court terme pensant qu'on peut continuer à financer un modèle social sur les déficits et sur les dépenses publiques ?", a-t-il dit.

"Voilà le choix, et ce choix-là, il s'imposera absolument à toute personne qui aurait la responsabilité de notre pays."

Il a souligné que l'agriculture était concernée au même titre que l'industrie, déclarant qu'il n'acceptait pas que les "coûts de production entre l'Allemagne et la France soient si différents que les agriculteurs allemands puissent prendre des parts de marchés aux agriculteurs français."

Pour Nicolas Sarkozy, la diminution du poids des charges sociales sur les salariés de l'industrie et de l'agriculture est inévitable, "sinon (...) la France se videra de son sang parce qu'on ne pourra plus produire en France."

PAS DE SOLUTION AVANCÉE

"Je recevrai demain les organisations syndicales (...) je parlerai avec eux de ces questions et nous déciderons. Mais vraiment, le choix de la compétitivité, le choix de l'emploi est un choix stratégique que les autres ont fait avant nous, qui leur a réussi et que nous devons faire maintenant", a-t-il dit.

Il a souligné que la baisse des cotisations sociales devrait être remplacée "par quelque chose d'autre", sans toutefois mentionner les pistes envisagées par le gouvernement, comme une hausse de la TVA.

Présent tout au long de la visite présidentielle, Jean-Pierre Bel, le président du Sénat, qui est un élu socialiste de l'Ariège, a réaffirmé que les PS était hostile à toute idée de "TVA sociale" qui compenserait une baisse des charges.

"On va voir ce qui va être annoncé, mais si c'est pour créer un impôt supplémentaire qui va peser sur tous indifféremment, donc un impôt plus injuste pour les moins bien lotis, c'est-à-dire une TVA sociale, c'est clair que nous nous y opposerons", a-t-il dit à la presse.

"Nous avons la conviction que les cotisations ne doivent plus peser autant sur le travail mais qu'elles doivent être équitablement réparties notamment sur le capital", a-t-il dit, ajoutant : "Mais je n'ai pas eu le sentiment que des mesures réelles aient été prises pour faire basculer la charge qui peut peser sur le coût du travail en direction du capital, et notamment des bénéfices réinvestis".

Edité par Yves Clarisse

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.