LYON (Reuters) - Nicolas Sarkozy a dénoncé jeudi ceux qui déconseillent à la France d'instaurer seule une taxe sur les transactions financières, sans attendre ses partenaires européens, leur reprochant d'être hostiles à sa mise en oeuvre.

Le président français a annoncé au début du mois son intention de faire voter sans tarder cette taxe, ce qu'il a confirmé lors du sommet de crise réuni mercredi à l'Elysée avec les partenaires sociaux.

"Bien sûr qu'il faut le faire avec les autres parce que ça rapportera plus (...) mais c'est le bal des hypocrites mes chers compatriotes, car nombre de ceux qui me disent 'il ne faut pas le faire avant les autres', c'est parce qu'ils pensent que les autres ne le feront pas et comme cela on ne le fera pas nous-mêmes", a-t-il dit lors de ses voeux au monde économique à Lyon.

Tout en approuvant la taxe, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne souhaitent qu'elle soit appliquée au moins au niveau européen. En France, le Parti socialiste a émis des réserves sur une application unilatérale de celle-ci, qui inquiète également les banques françaises. Des pays comme le Royaume-Uni et les Etats-Unis y sont hostiles.

"La France montrera donc l'exemple, elle fera la taxe sur les transactions financières, elle entraînera derrière l'ensemble de l'Europe et je l'espère l'ensemble du monde", a dit Nicolas Sarkozy.

"Mais si je venais ici à Lyon et vous disais 'on fera la taxe le jour où les Anglais ont décidé de la faire (...) on fera la taxe le jour où les Américains l'auront imposée à la bourse de New York (...) ça veut dire qu'on ne la fera jamais", a-t-il encore dit.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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