TOULOUSE (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'est engagé mardi à continuer à donner à l'industrie spatiale française les moyens de se développer et a pressé l'Europe de ne pas diminuer ses investissements dans le secteur malgré la crise.

En visite à Toulouse pour le 50e anniversaire du Centre national d'études spatiales (Cnes), le chef de l'Etat a indiqué que la question était autant stratégique qu'économique et qu'il s'agissait aussi de ne pas dilapider un "capital scientifique exceptionnel" accumulé depuis 1961.

"Ce capital, je suis déterminé à le préserver et à le développer surtout", a-t-il dit devant les personnels du Cnes.

Il a souligné que le budget spatial civil aurait augmenté de 16% entre 2007 et 2012 après avoir stagné auparavant et qu'il demeurait une priorité pour le gouvernement.

"L'espace est pour nous est une priorité. Il n'y a pas de souveraineté française en ignorant cet enjeu", a-t-il déclaré avant de rappeler que 500 millions d'euros issus des investissements d'avenir (le "grand emprunt") serviraient à financer des projets spatiaux.

L'industrie spatiale représente aujourd'hui 16.000 emplois et un chiffre d'affaires de plus de trois milliards d'euros en France, le pays européen leader dans le secteur avec des groupes comme Arianespace pour les lanceurs, EADS Astrium ou Thales Alenia Space pour les satellites.

"Ce serait folie que de ne pas donner à cette filière les moyens de se développer", a encore dit le président de la République.

Il a jugé notamment "indispensable" de préparer des futurs lanceurs "pour continuer de garantir notre accès autonome à l'espace, pierre angulaire de notre politique spatiale".

Il a appelé de ses voeux une "politique industrielle européenne plus claire" et moins de "naïveté" de la part du Vieux Continent en faisant valoir que les Etats-Unis n'avaient recours à aucun lanceur étranger pour leurs satellites institutionnels.

"L'Europe a besoin de grands projets fédérateurs. Son horizon ne peut se limiter à la gestion à court terme des difficultés du moment. Même si les temps sont durs, je dirais qu'ils sont très durs, l'Europe ne doit pas renoncer à investir dans son avenir".

Yann Le Guernigou, édité par Matthias Blamont

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