Il y a parfois des moments de grâce, au théâtre. C’en est un. Le spectacle est né à Avignon, en 2010.

O Grandville
O Grandville © Radio France / Festival d'Avignon

Olivia Grandville est danseuse et chorégraphe. Elle s'est produite entre autres avec le chorégraphe Dominique Bagouet, dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes

d'Avignon, en 1993. Une histoire de famille, puisqu’en 1947, à la naissance du festival, sa mère jouait la Reine aux côtés de Jean Vilar, dans "Richard 2", de Shakespeare. Elle avait 21 ans, Léone Nogarède. Elle en a 86 aujourd’hui.

Sa fille lui a proposé de remonter sur scène, d’égréner avec elle des souvenirs, en compagnie d' une autre danseuse, Catherine Legrand. Et toutes les trois racontent leur Cour d’Honneur, avec la parole et la danse.

Les filles parlent brièvement, écrivent des mots sur un tableau blanc ou évoquent un souvenir précis d'un ballet de Béjart ou de Bagouet en esquissant un mouvement. La mère se rappelle la troupe de Vilar et la naissance d'un festival qui s'appelait, en 47, "Une semaine d'art en Avignon", puisqu'une grande exposition se tenait également dans la cité des papes, cette année là. Les acteurs avaient pour la plupart une vingtaine d’années et lançaient une aventure moderne, le théâtre populaire, en plein air.

Au fur et à mesure du spectacle de 40 minutes seulement, s'ajoute à la mémoire des femmes, une mémoire des spectateurs du Festival d'Avignon. L'émotion naît de cette mémoire intime et collective réunies avec la voix et le mouvement. Emotion qui peut nouer la gorge, tant ce qui se produit avec une simplicité extrême semble juste, sincère et élégant.

Léone Nogarède
Léone Nogarède © Radio France / Festival d'Avignon

"Une semaine d'art en Avignon", théâtre de la Cité internationale, jusqu'au 20 mars. Le spectacle est suivi d'un débat, chaque soir. Il se jouera à Istres en avril et partira en tournée en 2013.

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