par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - La sécurité de François Hollande a été renforcée après "l'enfarinage" dont il a été victime mercredi à Paris, a-t-on appris jeudi auprès de son équipe de campagne et du Service de protection des hautes personnalités (SPHP).

Conformément à ce qui avait été planifié avant l'incident qui s'est déroulé lors d'une réunion publique, une quinzaine de fonctionnaires vont être désormais chargés de protéger le candidat socialiste à la présidentielle, saupoudré de farine par une femme alors qu'il signait à la tribune un contrat de la Fondation Abbé Pierre contre le mal-logement.

"On a une montée en puissance de la sécurité du candidat en campagne depuis le 4 décembre", a déclaré sur Europe 1 Gilles Furigo, responsable du SPHP.

"Ce qui avait été décidé avec le Parti socialiste, une montée en puissance jusqu'à une quinzaine de fonctionnaires, est opérationnel à partir d'aujourd'hui", a-t-il expliqué.

Ce nouveau dispositif permettra au candidat d'être en permanence accompagné d'au moins trois fonctionnaires, à même d'opérer autour de lui une surveillance complète "en triangle".

Une réunion rassemblant les membres du SPHP concernés et le service de sécurité du Parti socialiste est prévue ce jeudi en fin d'après-midi au siège de campagne, à Paris.

Mercredi, au parc des expositions de la porte de Versailles, le policier qui accompagnait François Hollande a plaqué au sol l'auteur de l'agression, et le candidat est allé se changer.

"Ce sont les risques du métier", a-t-il ensuite plaisanté devant la presse, ajoutant que cela ne l'empêcherait pas de continuer d'aller à la rencontre des gens pendant sa campagne.

L'incident "est pris très au sérieux et, en même temps, à sa juste mesure", a dit à Reuters Nacer Meddah, secrétaire général de l'équipe de campagne du candidat.

CONTACT DIRECT AVEC LES FRANÇAIS

"La question de la sécurité a été prise en compte dès le début car on sait bien que des choses peuvent se passer pendant une campagne, alors que le candidat souhaite conserver un lien direct avec les Français", a-t-il ajouté.

Le directeur de communication de François Hollande, Manuel Valls, a salué son "calme impressionnant".

"François Hollande a droit à une vraie sécurité. Mais il a raison de vouloir garder un contact direct avec les Français, écrit-il sur son compte Twitter.

Connue des services de police, l'"enfarineuse" avait tenté en décembre dernier à Lille de perturber la matinale de France Inter dont l'une des invitées était la première secrétaire du PS Martine Aubry.

Placée en garde à vue dans le XVe arrondissement de Paris immédiatement après l'incident de mercredi, elle a été transférée dans la soirée à l'Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris (IPPP), a-t-on appris de source policière. Elle s'y trouvait encore en observation jeudi midi.

Les personnalités politiques sont régulièrement l'objet de menaces et d'agressions de la part du public.

Le 6 janvier dernier, un homme avait par exemple téléphoné à la police pour proférer des menaces contre François Hollande à quelques heures d'un meeting à Mérignac, dans la banlieue bordelaise.

En juin dernier, Nicolas Sarkozy avait été pris à partie par un spectateur lors d'un déplacement à Agen dans le Lot.

Dans ce contexte, le travail des policiers est particulièrement délicat, explique Gilles Furigo.

"Le candidat, on ne peut pas le mettre sous cloche. Il veut aller au contact de la population. Nous on doit l'accompagnement essayer de le préserver tout en étant le plus discret possible, donc c'est un peu la quadrature du cercle", a-t-il dit.

Avec Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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