Sept islamistes présumés arrêtés et un tué
Sept islamistes présumés arrêtés et un tué © MaxPPP / Lionel Vadam

par Gilbert Reilhac et Nicolas Bertin

STRASBOURG/PARIS 6 octobre (Reuters) - Un homme a été tué samedi matin à Strasbourg et sept autres personnes ont été interpellées lors d'opérations de police dans les milieux islamistes radicaux en région parisienne, sur la côte d'Azur et dans l'Est de la France.

Ces opérations ont été conduites par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et la sous-direction anti-terroriste (SDAT) de la police judiciaire.

Selon une source judiciaire, elles s'inscrivent dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme", après le jet d'une grenade dans un supermarché casher de Sarcelles (Val-d'Oise), près de Paris, le 19 septembre. Une personne avait été légèrement blessée.

Intervenue six mois jour pour jour après la tuerie de l'école juive de Toulouse perpétrée par Mohamed Merah et qui avait couté la vie à trois enfants et un père, l'attaque de Sarcelles avait suscité une vive émotion dans la communauté juive.

Le parquet de Pontoise, initialement chargé de l'enquête, et au vu de l’ampleur que prenait l’affaire, a été dessaisi le 25 septembre au profit de celui de Paris, de la DCRI et de la SDAT.

François Hollande a reçu samedi le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, pour discuter de ces opérations antiterroristes lancées le matin, a déclaré l'Elysée dans un communiqué.

"Le président de la République a confirmé la détermination entière de l'Etat à protéger les Français contre toutes formes de menaces terroristes", a précisé la présidence, qui a confirmé le nombre des interpellations.

Selon le communiqué, le chef de l'Etat "a salué l'action de la police et demandé au ministre de l'Intérieur de prendre toutes les mesures de vigilance nécessaires".

"C'est une opération très sérieuse, d'envergure, qui est lancée déjà depuis plusieurs semaines", a déclaré samedi le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lors d'un déplacement à Lille.

Jean-Marc Ayrault (Cécile Bidault)

357 MAGNUM

A Strasbourg, un homme recherché par la police a ouvert le feu sur les hommes de la brigade de recherche et d'intervention (BRI) locale venus l'arrêter dans son appartement du quartier de l'Esplanade à 06h00. Les policiers ont riposté et l'ont abattu, a-t-on déclaré de sources policières et judiciaires.

Le secrétaire départemental du syndicat policier Alliance, Norbert Georgel, a déclaré que les policiers avaient été "accueillis avec un 357 magnum".

Trois policiers ont été touchés par les tirs de l'homme mais seulement légèrement blessés grâce à leurs équipements – casque et gilet pare-balles, précise-t-on de source judiciaire. L'un d'eux souffre d'un hématome au thorax, un autre d'une éraflure à la main, le troisième a eu le casque éraflé.

Le procureur la République de Strasbourg, Patrick Poirret, a pour sa part déclaré dans un communiqué qu'il avait saisi l'inspection générale de la police nationale.

L'appartement où a eu lieu l'intervention est situé au quatrième étage d'un immeuble qui en compte neuf, dans un quartier situé derrière le campus universitaire de Strasbourg, à deux kilomètres du centre-ville.

Selon des voisins, cet appartement était occupé depuis quatre à six mois par l'homme, barbu, sa femme, qui porte un voile islamique intégral, et leurs deux enfants, dont un bébé,

précisent ces voisins. L'immeuble est décrit comme étant calme.

Un homme armé mais qui n'a pas opposé de résistance a aussi été arrêté à Torcy, en Seine-et-Marne, de même qu'au moins une personne à Cannes (Alpes-Maritimes).

Selon le parquet de Paris, cinq personnes étaient en garde à vue en fin de matinée dont la femme de l'homme tué à Strasbourg.

Les suspects avaient une "liste d'objectifs" dont l'enquête devra déterminer l’importance et la réalité.

Le procureur de la République de Paris, François Molins, et le chef de la SDAT devaient tenir une conférence de presse à 17h00.

Edité par Emmanuel Jarry

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