Serge Lazarevic à son arrivée à Niamey
Serge Lazarevic à son arrivée à Niamey © REUTERS/via Reuters TV / REUTERS/via Reuters TV

Libéré mardi après trois ans de captivité, 1.111 jours très exactement, Serge Lazarevic est arrivé sur la base aérienne de Villacoublay. Il s'est exprimé quelques minutes après avoir été accueilli par François Hollande .

Serge Lazarevic : "La vie est belle, de retrouver la liberté !"

Serge Lazarevic s'est exprimé clairement et brièvement. Sourire aux lèvres, au côté de sa fille et de son fils, il a tenu à remercier le peuple français :

Je voulais remercier la France, le peuple français, tous les gens qui ont œuvré pour ma libération. Être otage, c'est un peu compliqué, la vie est belle de retrouver la liberté. J'avais oublié ce qu'était, la liberté, mais n'oubliez jamais qu'être un homme libre, c'est de faire attention à soi, partout où vous allez. Faites attention, parce que la liberté, c'est plus cher que tout

L'ex-otage français Serge Lazarevic, avec sa fille Diane, à son arrivée à l'aéroport de Villacoublay, le 10 décembre 2014.
L'ex-otage français Serge Lazarevic, avec sa fille Diane, à son arrivée à l'aéroport de Villacoublay, le 10 décembre 2014. © IAN LANGSDON/EPA/MAXPPP

Çela fait trois ans qu'on vous attend.

Ce sont les premiers mots de François Hollande, présent sur le tarmac de la base aérienne de Villacoublay pour accueillir l'ancien otage. François Hollande a fait part de sa "joie" et renouvelé son message de prudence aux Français : "Faites en sorte de ne pas aller là où vous pouvez être enlevés." Le chef de l’État a ajouté qu'il s'était "donné comme objectif de pouvoir libérer tous les otages, certains n'ont pas pu l'être, ils ont été tués".

L'avion qui a ramené Serge Lazarevic, un Falcon-2000, a atterri peu après 7h45 sous une pluie fine.

Mathilde Dehimi était sur place. Elle raconte les premiers pas de l'ex-otage sur le tarmac de la base aérienne.

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Le retour de S. Lazarevic en France

Serge Lazarevic doit être conduit dans un hôpital militaire pour des examens de santé avant de retrouver sa famille dans l'intimité.

Les premières heures de Serge Lazarevic libre

Les premiers mots de Serge Lazarevic, mardi soir à Niamey, la capitale du Niger :

Je voudrais remercier le président du Niger, le peuple du Niger qui a collaboré avec la France pour me faire libérer.

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"J'ai perdu 20 kilos, ça va, je suis bien"

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Serge Lazarevic avait été enlevé au Mali le 24 novembre 2011 avec un autre Français, Philippe Verdon. Leur enlèvement avait été revendiqué par Aqmi, qui a annoncé en mars 2013 que Philippe Verdon avait été exécuté en représailles à l'intervention française au Mali. Serge Lazarevic travaillait sur un projet de cimenterie quand il a été enlevé.

Les dessous de la libération

La France a-t-elle payé une rançon ? Sans doute pas directement. Selon des sources maliennes, la libération de l'otage français a fait l'objet d'un échange de prisonniers , information sur laquelle l’Élysée n'a fait aucun commentaire. D'après ces sources, dont l'une judiciaire, Mohamed Ag Wassoudene, soupçonné d'être l'un des initiateurs de l'enlèvement de Serge Lazarevic, et son complice présumé Haiba Ag Acherif, font partie de l'échange. Mohamed Ag Wassoudene s'était échappé il y a quelques mois d'une prison de Bamako avant d'être capturé à nouveau.

Les précisions à Bamako du correspondant de Radio France David Baché

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Les dessous de la libération de Lazarevic et de quatre prisonniers d'Aqmi

Derrière cette libération, il y a un homme : Mohamed Akotey a 46 ans, c'est une figure touareg, un ex-ministre nigérien devenu un incontournable négociateur grâce aux relations de sa famille.

Le portrait de Mohamed Akotey par Isabelle Labeyrie de France Info

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Qui est Mohamed Akotey ?

"La France ne paie pas"

Lors d'une conférence de presse en septembre dernier, François Hollande avait affirmé :

La France ne paie pas de rançons, la France ne pratique pas non plus d'échanges de prisonniers. Cela ne veut pas dire que des pays ne le fassent pas. C'est arrivé que des pays, pour nous aider, le fassent, je le concède

Mardi, le président français a souligné le rôle crucial des autorités nigériennes et maliennes :

Je vous remercie de comprendre qu'il y a eu des discussions pendant de longs mois et ce sont les autorités du Niger, avec celles du Mali, qui nous ont permis d'obtenir cette libération.

Mardi soir, Serge Lazarevic a retrouvé à Niamey sa fille, Diane. La jeune femme se bat depuis trois ans pour la libération de son père, n'hésitant pas mettre en cause la stratégie de l'État français.

Le reportage d'Olivier Poujade

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Diane Lazarevic, le combat d'une fille

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