[scald=63557:sdl_editor_representation]par Philip Pullella

ROME (Reuters) - Les députés italiens se prononcent à leur tour ce samedi sur la loi de stabilité financière dont l'adoption devrait marquer la fin de la présence de Silvio Berlusconi à la tête du gouvernement.

Après le Sénat, qui a voté vendredi en faveur de cette loi d'austérité réclamée par l'Union européenne, la Chambre des députés doit engager le débat à 12h30.

Le président du Conseil réunira ensuite son gouvernement vers 18h00 pour ce qui devrait être son ultime conseil des ministres.

"Il Cavaliere", privé mardi dernier de sa majorité à la Chambre, se rendra en suite au Palais du Quirinal, le siège de la présidence, pour remettre sa démission au président Giorgio Napolitano.

Son retrait de la vie politique italienne serait un événement majeur: depuis 1994, Berlusconi a dirigé à trois reprises le gouvernement (1994-1995, 2001-2006 et depuis 2008).

Il ouvrira la voie à la formation d'un gouvernement élargi que devrait diriger l'ancien commissaire européen Mario Monti, actuel président de l'université Bocconi de Milan et président honoraire du cercle Bruegel, un club de réflexion économique européen.

Monti a été nommé mercredi dernier sénateur à vie par le président de la République, un décret inattendu qui a préparé le terrain à sa désignation à la tête du gouvernement.

Selon certains politologues, son gouvernement, qui devrait être largement composé de technocrates, pourrait être annoncé dès dimanche soir, avant l'ouverture des marchés.

L'accélération du cours de la vie politique italienne a été impulsée par Giorgio Napolitano et des parlementaires en réponse à la pression exercée par les marchés qui ont porté cette semaine les taux exigés sur les emprunts d'Etat italien à des niveaux frôlant les 7% pour le papier à dix ans, soit le seuil qui a vu l'Irlande et le Portugal se résoudre à demander l'aide de l'UE.

Le scénario d'une éviction programmée de Berlusconi a allégé les tensions en fin de semaine.

Vendredi, le président Napolitano a reçu le soutien de plusieurs de ses homologues européens.

Au cours d'une conversation téléphonique, le président allemand Christian Wulff lui a dit être conscient des potentiels de l'économie et de la solidité du système bancaire en Italie. Les deux hommes sont convenus de la nécessité de faire vite pour appliquer les mesures d'austérité qui aideront à relancer la dynamique européenne.

Nicolas Sarkozy a exprimé pour sa part sa "pleine confiance dans l'action déterminée et efficace du chef de l'Etat italien" et lui a apporté son "soutien le plus total".

Philip Pullella; Henri-Pierre André pour le service français

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