[scald=100013:sdl_editor_representation]par Mathieu Baratas

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Fort de deux victoires face à l'Italie (30-12) et en Ecosse (23-17), le XV de France version Philippe Saint-André avance à la fois confiant et craintif pour franchir un cap face à l'Irlande, dimanche.

Trois semaines après le report de la rencontre pour cause de terrain gelé, les Bleus "ont envie de rester invaincus" devant des spectateurs revenus une seconde fois au Stade de France pour rejoindre le pays de Galles et ses trois victoires en tête du Tournoi des Six Nations.

Plus que l'étiquette de vice-champion du monde acquise par les Bleus en Nouvelle-Zélande, c'est le bilan positif de dix victoires pour une seule défaite (2009) lors des 11 derniers duels face à l'Irlande qui indique que le jeu irlandais sied à l'équipe de France.

Le quinze tricolore reste sur quatre succès d'affilée - un en 2010 et trois en 2011 - et n'a plus perdu à domicile depuis 2000. Les Français en retirent l'intime certitude d'avoir les armes pour s'imposer.

"C'est parce qu'on les craint qu'ils nous réussissent bien", a sourit le troisième ligne Imanol Harinordoquy en pensant à l'affrontement de dimanche.

"C'est le fait d'être focalisé sur le combat et sur les premiers temps de jeu. Le reste se mettra en place. Les scores (face à l'Irlande) ont souvent été serrés ou n'ont pas reflété la physionomie des matches. Il n'y a pas de favori sur cette rencontre", a-t-il ajouté.

Dans la lignée de sa Coupe du monde, le XV de France a jusqu'à présent plus brillé par son réalisme que par sa maîtrise en se reposant avant tout sur ses points forts.

Entame ratée, touche en réglage, plaquages loupés, les inquiétudes ne manquent pas sur le niveau des Français qui ont profité d'une quatrième semaine de préparation pour revoir leur copie.

"Une victoire et nous serons toujours en course pour faire zéro faute. Une défaite ne sera pas un coup d'arrêt mais une désillusion et une belle remise en question. J'espère et je pense qu'on va encore s'améliorer et qu'on sera encore meilleur dimanche après-midi", a dit le sélectionneur Philippe Saint-André.

"PAS MONTER DES QUILLES"

Malgré quelques déchets et approximations, Saint-André a maintenu sa confiance dans un groupe qui compte 16 mondialistes.

Si le choix de titulariser Clément Poitrenaud à l'arrière est la conséquence de la blessure au genou droit de Maxime Médard, le retour de Julien Bonnaire augure d'une féroce bataille dans les airs.

La troisième ligne Thierry Dusautoir-Julien Bonnaire-Imanol Harinordoquy, étincelante lors des phases finales de la Coupe du monde, est reconstituée pour rivaliser avec son homologue irlandais tout aussi réputée Stephen Ferris-Jamie Heaslip-Sean O'Brien.

La présence sur le banc de Vincent Debaty, William Servat, Lionel Nallet et Louis Picamoles préfigure un apport de puissance en seconde mi-temps pour faire basculer la rencontre.

Derrière, la charnière Morgan Parra-François Trinh-Duc est reconduite comme la paire de centres Wesley Fofana et Aurélien Rougerie pour trouver cette fluidité dans le jeu qui fait défaut depuis le début du Tournoi.

"Au niveau international, ce n'est pas en 'montant des quilles', en trouvant les touches et en ne faisant pas de jeu qu'on va avancer vers l'excellence", a avancé Saint-André qui espère voir plus de ballons arriver aux ailiers.

"On a envie de conserver le ballon, de jouer, on a des joueurs capables de faire des différences."

Battu dans les dernières minutes par le Pays de Galles (21-23) après une rencontre très intense, le XV du Trèfle, privé de son centre et capitaine Brian O'Driscoll, s'est suffisamment revigoré face à l'Italie (42-10) pour vouloir faire un coup.

Les Français savent donc à quoi s'attendre d'un jeu irlandais qui n'a pas changé d'un iota.

"On les connaît par coeur. C'est une équipe qui nous fait peur. Ils sons très virulents, très efficaces et puissants. Ils sont bons dans les rucks et dans le jeu au pied. C'est une équipe forte", a analysé l'ailier Vincent Clerc, auteur de huit essais contre les Irlandais, avant de dévoiler le secret des victoires françaises.

Contre eux, "on réussit car on sort un très grand match à chaque fois et on hausse d'un cran notre niveau", a-t-il terminé.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Benjamin Massot

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