Donald Trump est attendu ce vendredi au Canada pour participer au sommet du G7. Un sommet qui s'annonce tendu. Les chefs d'État des six autres puissances, notamment Emmanuel Macron, lui reprochent la hausse des tarifs douaniers américains.

Emmanuel Macron et Donald Trump, après leur conférence de presse commune à la Maison Blanche, le 24 avril 2018
Emmanuel Macron et Donald Trump, après leur conférence de presse commune à la Maison Blanche, le 24 avril 2018 © Maxppp / Maxppp

L'accueil risque d'être glacial ce 8 juin à La Malbaie (Québec) pour Donald Trump. Le président américain va rejoindre les six autres chefs d'État du G7, tous remontés à bloc. En cause : la hausse des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium, décidée par les Etats-Unis. 

Un sommet du G7... à six ?

Emmanuel Macron, déjà sur place depuis jeudi, a utilisé la même méthode que Donald Trump pour partager le fond de sa pensée :  les réseaux sociaux. Sur Twitter, le président français a multiplié les messages pour avertir son homologue américain : 

Interrogé par un journaliste lors d'une conférence de presse, Emmanuel Macron est allé plus loin en laissant entendre que ce G7 pouvait très bien se transformer en G6.

Donald Trump n'a pas tardé à réagir aux propos d'Emmanuel Macron et du Premier ministre canadien Justin Trudeau, sur Twitter également.

Traduction : "Merci de dire au Premier ministre Trudeau et au président Macron qu'ils imposent des taxes massives et créent des barrières non-tarifaires". Comme si cela ne suffisait pas, la Maison Blanche annonce que Donald Trump quittera les lieux samedi midi, avant les discussions sur le climat et ne sera donc pas sur la photo officielle.

Trump, seul contre tous 

Pour Corentin Sellin, historien spécialiste des États-Unis, invité du journal de 13 heures de France Inter, les menaces européennes et canadienne, laisseraient Donald Trump indifférent. 

Il ne faut pas oublier que son protectionnisme est avant tout une politique intérieure. 

Ainsi quand il prend pour exemple les taxes sur le lait imposées par le Canada pour répliquer à Justin Trudeau : 

Donald Trump se pose en tant que défenseur des petits producteurs laitiers américains du Wisconsin et de Pennsylvanie, en vue des élections de mi-mandat prévues aux Etats-Unis en novembre prochain 

D'autre part, le patron de la Maison Blanche accorderait peu d'importance à ce sommet du G7. 

D'après certaines sources, il aurait même hésité à venir à La Malbaie. Toute son attention est tournée vers le sommet de Singapour et sa rencontre la semaine prochaine avec Kim Jong-un. 

Les participants au sommet du G7 à La Malbaie, Québec, Canada les 8 et 9 juin 2018
Les participants au sommet du G7 à La Malbaie, Québec, Canada les 8 et 9 juin 2018 © Visactu / Visactu

Emmanuel Macron lui, compte sur l'union des Européens pour s'imposer lors de ce sommet. Le président français a annoncé qu'il se réunirait à sa demande avec ses alliés européens ce vendredi matin, avant l'ouverture du sommet et avant son tête-à tête avec le président américain. Comme Corentin Sellin le rappelle : 

Trudeau et Macron n'ont eu aucune influence sur Trump. Ils ont voulu le traiter comme un président des États-Unis ordinaire. Mais il n'ont rien obtenu et Donald Trump a eu une jouissance à se voir courtiser

Il poursuit : 

Aujourd'hui, on passe à une véritable union à la fois en Europe, mais aussi avec le Canada pour former un nouveau lien transatlantique

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Trump seul contre tous au sommet du G7 ? L' analyse de Corentin Sellin, historien spécialiste des États-Unis

Par Bruno Duvic
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