Pour le juge Van Ruymbeke, le rôle joué par Takieddine et de El-Assir dans le contrats pakistanais (comme dans le contrat saoudien) apparaît « tout à fait injustifié », puisqu’ « un premier réseau avait déjà été mis en place et remplissait déjà ce rôle. » Pourtant, El-Assir jure avoir joué un rôle décisif grâce à son entregent auprès de la Première ministre pakistanaise, Benazir Bhutto. Face au scepticisme de Renaud Van Ruymbeke, El-Assir lui lance : « Vous ne comprenez pas les sensibilités pakistanaises entre Benazir Bhutto et ses militaires ! »

Au début de son deuxième mandat [en octobre 1993], [Benazir Bhutto] me signale que la France proposait de vendre des sous-marins au Pakistan et qu’il y avait en place un réseau commercial avec lequel elle n’était pas "100% tranquille". Par réseau commercial, elle entendait un réseau qui bénéficiait d’accords de commissions, réseau trop lié au pouvoir militaire.

Elle m’a proposé que j’intervienne pour débloquer ce dossier. Par débloquer, j’entends faciliter l’opération commerciale. (…) Je considère que le contrat entre la France et le Pakistan était bloqué avant que je n’intervienne. Par bloqué, j’entends qu’il n’avançait pas, que les parties n’arrivaient pas à le finaliser. (…)

J’ai soumis le problème au ministère de la Défense français. Le gouvernement français a envoyé un émissaire au Pakistan pour une rencontre, à laquelle j’étais présent, avec Benazir Bhutto. Je ne souhaite pas donner le nom de cet émissaire français (qui n’est pas une des personnes apparaissant comme mises en examen ou témoins assistés dans la procédure française), ni m’étendre sur les détails de la discussion, si ce n’est que nous avons abordé les questions des relations bilatérales entre la France et le Pakistan, et le déblocage du contrat.

Je puis préciser que le Pakistan ne souhaitait pas que la France livre un armement similaire à l’Inde. Toujours lors de cet entretien, nous avons également évoqué le principe de ma rémunération. Ziad Takieddine demeurait mon partenaire pour cette affaire. (…) Nous avons été à plusieurs reprises ensemble au Pakistan, et il a rencontré Benazir Bhutto avec moi.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.