A l'occasion des Assises du journalisme du 14 au 17 mars à Tours, un sondage Via Voice montre l'attachement des Français à la mission de vérification des journalistes.

Emmanuel Macron a annoncé une loi visant à lutter contre les fausses informations durant les périodes électorales.
Emmanuel Macron a annoncé une loi visant à lutter contre les fausses informations durant les périodes électorales. © Radio France / .

Qui doit vérifier les informations ? Qui doit empêcher ou sanctionner la diffusion de fausses nouvelles ? Dans une enquête ViaVoice pour les Assises internationales du journalisme, en partenariat avec Radio France, France Télévisions, France Médias Monde et Le Journal du dimanche, les sondés comprennent majoritairement que le gouvernement s'empare de la question. Mais ils manifestent aussi quelque méfiance à l'égard d'un éventuel gendarme de l'information.

Ce n'est pas forcément aux pouvoirs publics de dire le vrai

Cette enquête intervient alors qu'Emmanuel Macron a annoncé une loi visant à lutter contre les fausses informations durant les périodes électorales. Le comité national du SNJ a d'ailleurs adopté à l'unanimité une motion réclamant l'abandon de ce texte, estimant dans un communiqué qu'il pourrait "devenir un moyen d'entraver le travail des journalistes professionnels", du fait de "l'imprécision de son périmètre d'application et des moyens d'action qu'il propose".

Les Français perçoivent majoritairement les médias comme un intermédiaire entre pouvoir et contre-pouvoir
Les Français perçoivent majoritairement les médias comme un intermédiaire entre pouvoir et contre-pouvoir / Via Voice

56 % des personnes interrogés estiment que les pouvoirs publics et la justice ne sont pas forcément légitimes pour dire si une info doit être publiée et si c'est une fausse nouvelle ou non. Ils sont aussi 49 % à penser qu'une loi sur les "fake news" peut être une menace pour la liberté d'expression.  

Ceci dit, 7 Français sur 10 estiment qu'il est normal que les pouvoirs publics veuillent empêcher les "fake news". L'éducation au médias pour les jeunes est largement plébiscitée.

Pour 70% des Français il est normal que les pouvoirs publics essaient d'empêcher la diffusion de fausses nouvelles
Pour 70% des Français il est normal que les pouvoirs publics essaient d'empêcher la diffusion de fausses nouvelles / Via Voice

Finalement, à quoi sert un journaliste ? 

En réalité, le journaliste œuvre sur trois plans : 

  • La démocratie et la liberté d'expression
  • L'accès à la culture et à l'information
  • La vérification des informations

Mais 61 % des personnes interrogées privilégient une mission en particulier pour les journalistes : le travail de vérification (qui leur incombe). 

Les Français estiment que les journalistes répondent à un besoin de vérification
Les Français estiment que les journalistes répondent à un besoin de vérification / Via Voice

Dans ce contexte, le premier rôle assigné au journalisme et aux médias est justement de servir de garde-fous: 74 % des personnes interrogées pensent que l'on a "de plus en plus besoin des journalistes pour produire une information crédible face aux rumeurs et à la désinformation"

Le nécessaire travail pédagogique

Les sondés sont quasiment tous d'accord sur la mise en place de programmes d'éducation aux médias durant le parcours scolaire et dans les médiathèques pour apprendre à décrypter les informations et mieux connaître les sources. 

Les Français ressentent la nécessité d'une éducation à l'information
Les Français ressentent la nécessité d'une éducation à l'information / Via Voice

A l'occasion des Assises du journalisme, Jérôme Bouvier, organisateur, prône la création d'une "Agence nationale de l'éducation à l'information".  S'il existe déjà un Centre pour l'éducation aux médias et à l'information (Clemi), rattaché à l'Education nationale, une agence nationale pourrait déployer son action au-delà de l'école et des enseignants, et "intervenir partout où se construisent les citoyens de demain" et ce "en prise avec les territoires et les acteurs de la société civile les plus concernés, les mouvements d'éducation populaire, les journalistes et les médias", estime Jérôme Bouvier.

Méthodologie : étude réalisée par ViaVoice pour les Assises internationales du journalisme, en partenariat avec France Télévisions, France Médias Monde, Le Journal du Dimanche et Radio France. Interviews réalisées en ligne, du 12 au 15 février 2018, auprès d’un échantillon de 1008 personnes, représentatif de la population française de 18 ans et plus. Représentativité par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : sexe ,âge, profession, région et catégorie d’agglomération. 

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