PARIS (Reuters) - La note souveraine de la France a été dégradée par l'agence de notation Standard & Poor's, a déclaré vendredi une source d'un pays de la zone euro.

Le quotidien britannique Financial Times précise que la note française a été dégradée d'un cran, de AAA à AA+, de même que la note de l'Autriche. Une source européenne a dit à Reuters que l'Autriche était dégradée d'un cran.

La présidence française a dit ne faire "aucun commentaire" sur cette information et personne n'était disponible au ministère des Finances, au Trésor et à Matignon.

Selon des journalistes de Reuters, le ministre des Finances, François Baroin, était à l'Elysée vers 17h00.

"Il y a une très forte probabilité pour que la note française ne soit dégradée que d'un cran, à AA+", a déclaré Alexandre Baradez, analyste de marché chez Saxo Banque.

"Si c'est le cas, ce serait un moindre mal et le marché pourrait rebondir lundi", a-t-il ajouté. "Les craintes du marché résident dans le nombre de crans de la dégradation."

Sans confirmer l'information, la ministre du Budget, Valérie Pécresse s'est montrée rassurante sur BFM TV.

"Aujourd'hui, la France est une valeur sûre, elle peut rembourser sa dette et les nouvelles concernant notre déficit sont meilleures que prévu", a-t-elle dit.

"Je ne spécule ni dans un sens ni dans l'autre sur les décisions des agences de notation, ce que je dis c'est qu'aujourd'hui nous travaillons pour les Français et que nous ne changerons pas de cap. Notre cap, c'est le désendettement, c'est la compétitivité de la France et c'est soutenir la croissance."

Le rendement sur la dette française à 10 ans a monté après la publication de l'information sur les éventuelles décisions de S&P, passant d'environ 3,0% à 3,13% avant de redescendre autour de 3,09% vers 17h25.

UNE DÉCISION ATTENDUE

L'écart de rendement avec la dette allemande à 10 ans (le spread) s'est écarté, passant d'environ 123 à 136 points avant de retomber à environ 132 points.

La dégradation de la note française était attendue après le placement sous surveillance avec implication négative des notes souveraines de 15 pays de la zone euro par S&P début décembre.

Parmi les pays bénéficiant de la note AAA, la meilleure possible, placés sous surveillance négative, seule la France était menacée d'être abaissée de deux crans.

L'agence Moody's a quant a elle annoncé le 12 décembre qu'elle réexaminerait les notes des pays de l'Union européenne au cours du premier trimestre.

Un responsable de Fitch Ratings, la troisième grande agence de notation mondiale, a dit mardi à Reuters que la note AAA de la France ne devrait pas être abaissée en 2012.

S&P a refusé de commenter les informations faisant état d'une annonce imminente d'un abaissement des notes de plusieurs pays de la zone euro.

Une source haut placée de la zone euro a dit à Reuters que des abaissements de note de plusieurs pays de la zone euro seraient annoncés vendredi, ce qui a fait chuter les Bourses et l'euro.

"Une dégradation de la note française est déjà en partie actée. Ce qu'il faut regarder c'est la direction et la vitesse du changement de notation", a déclaré Adrien Fuchs, associé gérant chez DTAM.

L'avenir du AAA français se décidera sur quatre fronts, avait dit S&P début décembre : la réponse européenne à la crise -jusqu'ici laborieuse-, des promesses de baisse du déficit probablement trop belles, des banques sous pression et une BCE qui n'aidera peut-être pas la France autant qu'elle pourrait en avoir besoin.

Les cinq autres pays AAA de la zone euro avaient également été placés sous surveillance avec implication négative par S&P. Mais le critère strictement budgétaire n'avait pas été retenu dans leur cas.

Jean-Baptiste Vey, Yann Le Guernigou, Emmanuel Jarry et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Yves Clarisse

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