[scald=215271:sdl_editor_representation]TOULOUSE (Reuters) - L'entreprise Spanghero, mise en cause dans le scandale de la viande de cheval, menace d'assigner des ministres devant la justice pour non-respect de la présomption d'innocence.

Dans un communiqué, l'entreprise de Castelnaudary (Aude), où des investigations se sont poursuivies mercredi, estime que les propos de certains ministres ont "des effets lourdement préjudiciables sur la reprise de l'activité de la société" et les juge "prématurés" tant que l'enquête est en cours.

Spanghero a été pointé du doigt jeudi dernier par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll et les ministres délégués à la Consommation Benoît Hamon et à l'Agroalimentaire Guillaume Garot. Selon le gouvernement, la société aurait sciemment commercialisé de la viande de cheval sous l'étiquetage "boeuf".

"La société Spanghero s'élève contre les propos tenus par différents membres du gouvernement affirmant, à plusieurs reprises, qu'elle serait coupable de tromperie, avant la fin des enquêtes externes et internes en cours", déclare l'entreprise, qui compte environ 300 employés.

"La société Spanghero, qui cherche à protéger son activité, ses salariés et sa réputation, se réserve donc désormais la possibilité d'engager toute action judiciaire pour faire cesser ces atteintes répétées à son droit à la présomption d'innocence."

Le pôle santé publique du tribunal de grande instance de Paris s'est saisi la semaine dernière de cette affaire après la découverte de viande de cheval dans des plats cuisinés. Une enquête préliminaire pour tromperie a été ouverte.

L'enquête a été confiée au service national d'enquête de la Direction générale de répression des fraudes (DGCCRF) et aux gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp).

Au lendemain de perquisitions et d'auditions dans l'usine de Castelnaudary, les investigations judiciaires se sont poursuivies mercredi, a rapporté une source proche de l'enquête.

Mardi soir, les enquêteurs sont repartis avec des documents et des disques durs d'ordinateur, a-t-on précisé.

Jean Décotte, édité par Yves Clarisse

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