La question est revenue sur le devant de la scène au début du mois de septembre avec "l'affaire" Yohann Lemaire. Le club du FC Chooz, dans les Ardennes, a refusé de renouveler sa licence au jeune footballeur, en raison –dit-il- de son homosexualité.

Le jeune homme continue de payer son coming-out : après avoir fait l'objet de remarques homophobes de la part d'un de ses coéquipiers, il a été injurié, menacé de mort même, par un ancien dirigeant du club, le mois dernier.

Yohann Lemaire est soutenu dans son combat par le PFG, le Paris Foot Gay, le club contre lequel une formation de la région parisienne, avait refusé de jouer. C'était l'an dernier.

Des faits qui ont mis en lumière un phénomène jusqu'ici peu visible : l’homophobie dans le football.

Pascal Brèthes, le président du Paris Foot Gay, a choisi le nom de son club pour justement tenter de briser cette « invisibilité », ce déni. (Nour-Eddine Zidane)

L’homosexualité féminine mieux acceptée

Malgré les difficultés, certains ont choisi de ne pas cacher leur homosexualité. C’est le cas de Marielle Bousquet, libéro du Stade Français et de l'équipe de France de volley. Pour elle c’est peut-être surtout une question de génération. Les joueuses un peu plus âgées craignent le qu’en dira-t-on. Pour elle par contre il était impossible de ne pas l’assumer.

Marielle Bousquet (Nour-Eddine Zidane)

Dans l’imagerie collective l’homosexuel est forcement quelqu’un d’efféminé, le contraire du sportif viril

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Dominique Bodin © Nour-Eddine Zidane
La situation est plus délicate dans le sport masculin, probablement à cause de la symbolique qui l'entoure et de la sacrosainte virilité.

Dominique Bodin est sociologue à l’université de Rennes. Il a interrogé, anonymement 17 sportifs de haut niveau et homosexuels en 2006 et 2007, pour son livre « Le sport en question ». Pour eux, un coming-out était synonyme de suicide professionnel.

Dominique Bodin (Nour-Eddine Zidane)

Un « coming-out » sportif réussi

En décembre 2009, Gareth Thomas a détonné dans le milieu du rugby en révélant son homosexualité. Que l'un des plus grands joueurs gallois de l'histoire, même s'il est en fin de carrière fasse son « coming-out », cela peut constituer un grand pas dans une discipline où les références homophobes sont légion.

L'ancien joueur Serge Simon pense que cet événement va faire bouger les lignes. (Nour-Eddine Zidane)

Il faut arrêter de banaliser les insultes homophobes

Le conseil national de l'éthique a statué le 16 novembre dernier sur le cas de Louis Nicollin. Le Président de Montpellier, un club de L1, avait traité de « petite tarlouze » l'Auxerrois Benoit Pedretti.

« Tarlouze », « pédé », « enculé », des mots que les supporters, les joueurs et donc même les entraineurs utilisent quotidiennement, sans paraître remarquer le moins du monde que ce sont des insultes homophobes.

Pour Bartholomé Girard, le président de SOS Homophobie, dés qu’on utilise des mots connotés, qui font référence à des homosexuels et que les termes utilisés le sont de manière négative, c’est clairement de l’homophobie.

Bartholomé Girard (Nour-Eddine Zidane)

Bartholomé Girard, le président de SOS Homophobie
Bartholomé Girard, le président de SOS Homophobie © Nour-Eddine Zidane

Une réunion de travail est prévue le 30 septembre au ministère des sports, avec notamment des associations comme SOS Homophobie.

Parmi les objectifs : déterminer l'ampleur de ce problème dans le sport français et notamment généraliser à d'autres disciplines la charte contre l'homophobie dans football qu'à ce jour, seuls six clubs professionnels sur quarante ont signé.

Pour Bartholomé Girard, le plus important c'est de sensibiliser la base et notamment former les éducateurs.

Bartholomé Girard, le président de SOS Homophobie (Nour-Eddine Zidane)

Bandeau et Une © Karaboux/Fotolia

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