le principal accusé du viol d'une étudiante à new delhi s’est suicidé
le principal accusé du viol d'une étudiante à new delhi s’est suicidé © reuters

NEW DELHI (Reuters) - Le principal accusé du viol collectif et du meurtre d'une étudiante en médecine, agression qui avait soulevé une vague d'indignation contre les violences faites aux femmes en Inde, s'est suicidé dans sa prison de New Delhi, rapportent lundi son avocat et la télévision indienne.

Ram Singh, un des six hommes jugés pour cette affaire, a été retrouvé pendu à 05h00 du matin avec ses propres vêtements dans sa cellule, selon la chaîne CNN-IBN.

Son avocat, V.K. Anand, a confirmé le décès de son client et a émis des doutes sur les circonstances de la mort, évoquant la possibilité d'un meurtre.

Interrogé par Reuters, V.K. Anand a indiqué que Ram Singh lui était apparu calme et posé lorsqu'il lui avait rendu visite à la prison Tihar de New Delhi, vendredi.

Anand et un responsable du centre de détention ont précisé que Singh ne faisait pas l'objet d'une surveillance particulière, semblable à celle appliquée aux détenus enclins au suicide. L'administration pénitentiaire a ouvert une enquête sur les circonstances du décès.

"Je pense qu'il était satisfait de la manière dont la procédure judiciaire se déroulait parce que nous avions un dossier solide à opposer à l'accusation", a commenté Anand.

"Il ne s'agit pas d'un suicide. Il s'agit d'autre chose. Je sais qu'il s'était plaint à plusieurs reprises de tortures de la part des autorités de la prison, mais il n'y avait rien de nature à l'inciter à perdre la vie", a ajouté Anand, sans préciser ce qu'il entendait par le mot "tortures".

"Nous ne pouvons pas exclure un meurtre. Les choses ne collent pas", a ajouté l'avocat.

LA FAMILLE NE CROIT PAS AU SUICIDE

Un ancien directeur de prison a estimé que Singh aurait dû être placé en isolement à l'écart des autres détenus. "Certains prisonniers doivent être placés sous haute sécurité et ne peuvent pas être laissés avec les détenus communs car ceux-ci ne les acceptent pas", a expliqué Kiran Bedi.

"Il s'agit d'un complot. Nous ne pouvons pas croire qu'il se soit suicidé", a commenté un proche du détenu.

Selon la police, les six hommes ont agressé l'étudiante en médecine, qui était âgée de 23 ans, et son ami le 16 décembre dans un bus de New Delhi alors que le couple rentrait du cinéma.

Violée à plusieurs reprises, frappée avec une barre de fer puis jetée hors du bus avec son compagnon, la jeune femme, transférée dans un hôpital de Singapour, est morte deux semaines plus tard.

"Il (Ram Singh) savait qu'il allait mourir de toute façon car le dossier contre lui est très solide", a dit à Reuters le jeune frère de l'étudiante, dont les meurtriers risquent la peine capitale.

"Je ne suis pas ravi par l'annonce de son suicide car je voulais qu'il soit pendu... en public. Ca ne me semble pas juste qu'il ait pu choisir sa mort", a-t-il ajouté.

Le procès de Ram Singh et de quatre de ses coaccusés s'est ouvert le mois dernier. Un sixième homme, reconnu mineur au moment des faits, est jugé séparément par un tribunal pour enfants. Contrairement aux majeurs, il ne risque qu'une peine de trois ans de prison.

Soupçonné d'être l'instigateur de la virée meurtrière, Ram Singh était chauffeur de bus et avait une solide réputation d'alcoolique dans le bidonville dont il était originaire.

John Chalmers, Tangi Salaün et Pierre Sérisier pour le service français

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