plage de Valdevaqueros, Espagne
plage de Valdevaqueros, Espagne © Chodaboy

Les députés espagnols viennent de voter une loi controversée, officiellement pour "renforcer les mécanismes de protection" du littoral. Sauf que pour les écologistes, elle permettra en fait de pérenniser (et justifier) les constructions illégales.

"Le littoral est un écosystème sensible et vulnérable qui a besoin de protection, l'obtenir est un objectif fondamental de cette réforme" : sur le papier, le projet de loi devrait pourtant satisfaire les défenseurs du littoral espagnol. Elle a d'ailleurs obtenu la majorité absolue au Congrès des députés.

Et pourtant, le projet contient aussi quelques points plus polémiques. Car vouloir protéger le littoral, c'est bien, mais tout dépend de la définition du littoral. Or la loi prévoit, dans certains cas, de réduire de 100 à 20 mètres la frange de littoral la plus contrôlée. Un ajustement qui pourrait ouvrir la porte à des constructions, rénovations ou réparations jusqu'ici interdites.

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Elle prévoit aussi d'allonger le régime de concessions attribuées aux constructions bâties sur le domaine public, jusqu'à 75 ans.

Douze zones d'habitations interdites... légalisées

Autre concession faite aux promoteurs : la légalisation de fait (par leur exclusion du domaine public) de douze zones d'habitations polémiques, notamment près d'Alicante, de Gérone, de Valence ou de Malaga. Des secteurs déjà largement défigurés par les constructions à outrance, avec le développement du tourisme.

Le texte a été définitivement voté jeudi. Mais il est déjà violemment dénoncé par les écologistes et par l'opposition. Ils dénoncent une "privatisation" des côtes espagnoles.

"On met fin à la tentative la plus sérieuse jamais lancée en Espagne pour protéger nos côtes", a réagi le porte-parole chargé de l'environnement du groupe socialiste au Congrès, José Luis Abalos. "En Espagne, il reste moins de 30% de côtes qui ne sont pas occupées par l'activité humaine".

Pour Greenpeace, ces vingt dernières années, l'Espagne aurait perdu chaque jour l'équivalent de huit terrains de football de côte vierge, soit plus de 50.000 hectares.

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