Un premier bilan dressé par des habitants fait état de 90 morts. Le bombardement aérien s'est produit à Halfaya, une localité de quelque 30.000 habitants, prise la semaine passée par lesrebelles syriens dans la province de Hama, à 200 km environ au nord de Damas. Selon Samer al Hamawi, un activiste vivant à Halfaya joint par Skype :

Il est impossible de savoir avec exactitude combien de personnes ont été tuées. Lorsque je suis arrivé sur place, j'ai vu des corps empilés partout sur le sol. Il y avait des femmes et des enfants. Il y avait aussi des dizaines de blessés

A l'est de Damas
A l'est de Damas © Reuters / Handout .

Hamawi a diffusé une vidéo de la boulangerie bombardée. On y voit des dizaines de corps couverts de poussière empilés contre un bâtiment en béton aux murs noircis. On y entend aussi descris de désespoir. L'authenticité de la vidéo diffusée par Hamawi n'a pu être vérifiée, le gouvernement syrien restreignant l'accès du pays aux journalistes.

D'autres sources ont avancé jusqu'à 200 morts. Mais Rami Abdelrahman, qui dirige l'Observatoire syrien des droits de l'homme, ONG proche de l'opposition basée en Grande-Bretagne, a déclaré lui aussi qu'il était trop tôt pour avancer un bilan précis :

A en juger par les vidéos, je pense que le bilan sera d'environ 50 morts, ou plus, mais pas supérieur à 100. Pour l'instant, je m'en tiens à une estimation de dizaines de morts.

Un autre activiste a expliqué que les habitants avaient encore du mal à distinguer les morts et les blessés. Un millier de personnes attendaient devant la boulangerie au moment de la frappe aérienne. Les pénuries d'énergie et de farine sont telles que les boulangeries produisent en fonctiondes arrivages. Dans ces cas-là, de longues files d'attente se forment à leurs portes. Hamawi explique :

Nous n'avions plus reçu de farine depuis trois jours environ, alors tout le monde s'est rendu à la boulangerie aujourd'hui.

Les centres médicaux sont devenus tellement encombrés que nombre de blessés ont dû être transportés vers des hôpitaux situés dans des villes voisines, raconte-t-il.

Dans un rapport publié cet été, l'association Human Rights Watch, basée à New York, a accusé l'aviation syrienne d'avoir bombardé des boulangeries, soit par défaut de précision, soit avec l'intention de frapper des civils.

Pour la seule ville d'Alep, ce rapport de HRW, paru fin août, recensait une dizaine de boulangeries bombardées dans un laps de temps de trois semaines.

Human Rights Watch faisait notamment état d'un bombardement qui a fait 60 morts et 70 blessés le 16 août.

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