François Hollande au Conseil Européen
François Hollande au Conseil Européen © REUTERS/Eric Vidal

Le 15 mars 2011 commençait le soulèvement contre Bachar el Assad -dans le sillage des révolutions en Tunisie, Egypte et Libye- avec des manifestations pacifiques qui ont rapidement été réprimées par le régime. Au fur et à mesure, la révolte s’est transformée en guerre civile.

D’un coté les rebelles auxquels des groupes armés islamistes, comme le Front Al Nosra, sont venus prêtés main forte. De l’autre l’armée régulière qui tente par tous les moyens de repousser les offensives des combattants de l’armée syrienne libre.

Après deux ans de violences inouïes, plus d'1,1 million de Syriens ont fui vers le Liban, la Jordanie, la Turquie et l'Irak voisins et quatre autres millions ont du abandonner leur domicile, ce qui signifie que près d'un quart de la population est réfugiée ou déplacée, selon l'ONU qui parle de 70 000 morts, mais le chiffre est probablement plus important. Les combats continuent de faire rage sur tous les fronts, aucun des belligérants ne parvenant à remporter une victoire décisive.

Les militants antirégime ont appelé à des manifestations avec comme mot d'ordre "Deux ans de sacrifices vers la victoire" dans la guerre contre le clan Assad au pouvoir depuis plus de 40 ans.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, 141 personnes, dont 47 soldats, 49 rebelles et 45 civils, ont trouvé la mort dans les violences à travers le pays pour la seule journée d’hier.

Paris et Londres veulent livrer des armes aux rebelles

Décidées à rééquilibrer les forces en présence, la France et la Grande Bretagne veulent la levée de l’embargo pour pouvoir livrer des armes aux rebelles syriens. Laurent Fabius l’a annoncé hier matin, François Hollande l'a répété hier soir au Sommet européen de Bruxelles. Il a dit que la France était prête à prendre ses responsabilités mais qu'elle allait d'abord tenter de convaincre ses partenaires européens. Avant lui, le Premier ministre britannique David Cameron a lui aussi dit que son pays pourrait se désolidariser de l'embargo.

La tâche s'annonce délicate en raison de la réticence de nombreux pays européens, notamment ceux du nord comme la Suède, ou l'Autriche qui ne veulent pas "indisposer" la Russie et qui craignent que leurs opinions publiques ne le supportent pas. Angela Merkel, a également plaidé la prudence : "nous devons faire attention" à ce que le régime "ne reçoive pas encore plus d'armes de la part de pays" qui le soutiennent, a-t-elle dit jeudi soir.

Pour la France et la Grande Bretagne, les pressions politiques ont eu deux ans pour faire montre de leur inutilité.

L’analyse de Quentin Dickinson

Les Etats-Unis, qui refusent pour le moment d'envoyer des armes aux rebelles de crainte qu'elles ne tombent aux mains de jihadistes, ont affirmé qu'ils soutiendraient "toutes sortes d'appui à l'opposition syrienne".

Le régime Assad, qui assimile les rebelles à des "terroristes", a dénoncé les intentions franco-britanniques alors que l'opposition les a saluées.

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