Julien Coupat
Julien Coupat © CC

Les mis en examen de Tarnac avaient beau tenter de vivre en autarcie en Corrèze, avec leur ferme et leur "magasin général", ils n'étaient pas totalement coupés du monde capitaliste. L'épicerie de Tarnac acceptait les cartes bancaires, et c'est ce qui a permis aux gérants de comprendre qu'ils étaient sur écoute (comme Libération l'avait révélé le 10 mars 2011).

Entre le 25 et le 30 mars 2008, les télédéclarations de carte bancaire, qui passent par l'une des deux lignes téléphoniques du magasin, ne se font plus. Le personnel alerte sa banque, le terminal de paiement est changé, mais ça ne marche toujours pas. Le 4 avril, arrivée d'un technicien de France Télécom, qui décide avec l'un des gérants d'inspecter le local où sont raccordées les lignes. "Ce boitier-là, ce n'est pas de chez nous" remarque-t-il. "Je débranche, donc" explique le technicien après en avoir référé à son supérieur. L'intervention a permis de rétablir le paiement par cartes bancaires, et de découvrir que le magasin était sur écoute, mais sur quelle base légale?

Ce n'est que le 16 avril 2008 que le parquet de Parquet ouvre une enquête préliminaire pour "association de malfaiteurs à visée terroriste", suite à un signalement policier. Après le "sabotage" d'une caténaire sur la ligne du TGV Est en Seine-et-Marne le 8 novembre 2008, dix personnes, dont les gérants du magasin général, sont interpellées le 11 à Tarnac et mises en examen. Me William Bourdon, l'avocat du magasin général de Tarnac, a déposé une plainte avec constitution de partie civile pour "interception de correspondance et atteinte à l'intimité de la vie privée", qui a entraîné l'ouverture d'une information judiciaire à Brive.

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