la taxe sur les dépôts bancaires à chypre suscite l'inquiétude
la taxe sur les dépôts bancaires à chypre suscite l'inquiétude © reuters

Au lendemain du rejet par le Parlement chypriote du plan de sauvetage européen, le pays réfléchit à un plan B pour trouver les 6 milliards d'euros qui lui manquent. Et trouver une issue à cette crise. C'est toujours l'incertitude qui domine à Chypre. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, s'est dit inquiet ce mercredi de la situation à Chypre, et a appelé à trouver une solution "le plus rapidement possible". Devant le Parlement européen, Herman Van Rompuy s'est exprimé pour la première fois sur la crise qui a éclaté à propos du plan de sauvetage comprenant une taxe très controversée sur les dépôts bancaires."Le temps presse, c'est une question de semaines", a-t-il souligné. "L'UE reste tout à fait ouverte à d'autres solutions et on est toujours prêts à fournir la solidarité par un prêt de 10 milliards d'euros, soit plus de 50% du PIB de Chypre", a-t-il affirmé devant les euro-députés.Alors quelle position doit-adopter l'Europe ? Peut-elle laisser Chypre faire faillite ?

Il n'en est pas question, analyse Philippe Dessertine, directeur de l'Institut de haute finance. Il était l'invité du journal de 18h d'Angélique Bouin.

La zone euro et le FMI avaient trouvé samedi matin un accord sur un plan de sauvetage d'un maximum de 10 milliards d'euros pour Chypre, en échange de cette taxation exceptionnelle des dépôts bancaires, censée rapporter 5,8 milliards d'euros mais qui a suscité un tollé. Nicosie entendait initialement instaurer une taxe exceptionnelle de 6,75% sur les dépôts bancaires en-deçà de 100.000 euros et de 9,9% au-delà de ce seuil.

Trouver "une solution durable"

En France, plusieurs responsables politiques ont aussi commenté la situation.Lors d'un entretien téléphonique avec son homologue chypriote Nicos Anastasiades, le président François Hollande a "insisté" sur la nécessité d'une "solution durable" à la crise financière, appelant l'île à apporter la "contribution convenue" au plan de sauvetage européen.La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a qualifié d'"erreur" le projet de taxation des petits épargnants initialement envisagé par Nicosie pour sauver l'économie chypriote, en complément du plan de sauvetage européen.De son côté, le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, a estimé que Chypre était "un Etat qui a fait le choix d'une forme de prospérité en attirant des capitaux illicites pour la plus part d'entre eux, et étrangers aux Chypriotes".Il a souligné que la position de la France sur ce dossier était "de ne pas toucher les petits épargnants, mais de toucher tous ces comptes qui viennent de l'étranger".

Difficiles négociations avec la Russie

Sont particulièrement visés les investisseurs russes. Le montant des avoirs russes à Chypre varie fortement selon les estimations mais l’agence Moody’s les évalue à 31 milliards de dollars. Cela représente plus du tiers de tous les dépôts bancaires sur l’île. Le gouvernement chypriote a d'ailleurs entamé à Moscou de difficiles négociations avec la Russie. Le gouvernement russe a répété à plusieurs reprises ces derniers mois qu'il était prêt à un assouplissement des conditions du prêt accordé à Chypre. Mais la situation semble pour l'instant dans l'impasse. Nicosie demande en effet une extension du crédit de 2,5 milliards d'euros accordé par la Russie en 2011, que Chypre doit finir de rembourser en 2016.Les négociations devraient se poursuivre demain. A l'occasion d'une visite programmée à Moscou, le président de la Commission européenne doit rencontrer le président Vladimir Poutine. Sur l'île, les banques restent toujours fermées.Une situation qui fragilise encore plus les entreprises chypriotes, déjà affaiblies par la crise économique.

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