La présentatrice Elli Stai pour sond ernier journal
La présentatrice Elli Stai pour sond ernier journal © Reuters

La suspension spectaculaire des émissions de radio et de télévision pourrait aussi avoir des répercussions politiques: deux des partis associés à Nouvelle démocratie, la formation du Premier ministre Antonis Samaras, ont exprimé leur opposition à cette mesure.

"La radio et la télévision publiques ne peuvent cesser d'émettre", a notamment dit Yannis Maniatis, un cadre du Pasok, le Parti socialiste, précisant qu'"une coalition à trois ne peut fonctionner par une politique du 'fait accompli'".

Devant le siège de l'ERT, Alexis Tsipras, chef de file de la coalition d'opposition Syriza (gauche), a dénoncé "un coup d'Etat non seulement contre les salariés de l'ERT mais aussi contre le peuple grec".

Le président de l'Union européenne de radio-télévision (UER), Jean-Paul Philippot, a écrit à Samaras pour lui demander de revenir sur cette décision. "Les radio-télédiffuseurs nationaux sont plus importants que jamais dans des périodes de difficulté nationale", argumente-t-il.

L'existence de médias de service public et leur indépendance vis-à-vis des gouvernements sont au coeur des sociétés démocratiques. Desréformes en profondeur de médias publics "ne doivent être décidées qu'après un débat démocratique ouvert et complet devant un parlement, et pas par un simple accord conclu entre deux ministres.

La décision survient alors que les pouvoirs publics n'arrivent pas à trouver preneur pour sa compagnie gazière DEPA, l'une des compagnies publiques visées par le programme de privatisations en cours. La privatisation de DEPA était censée rapporter un milliard d'euros. Mais le seul candidat pressenti pour cette opération, le russe Gazprom a renoncé.

Selon le plan de sauvetage financier mis au point par l'Union européenne et le Fonds monétaire international, la Grèce doit lever au moins 1,8 milliard d'euros d'ici fin septembre par le biais de privatisations, avec un objectif d'au moins 2,5 milliards d'euros d'ici la fin de l'année.

"Cette frappe aveugle contre l'ERT est une diversion après le fiasco DEPA", analyse le député indépendant Christos Aidonis.

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