par Oleg Vukmanovic et Henning Gloystein

ABERDEEN/LONDRES (Reuters) - La persistance de conditions météorologiques défavorables oblige Total à retarder l'envoi d'une mission d'experts vers la plate-forme gazière d'Elgin, en mer du Nord, touchée depuis 11 jours par une importante fuite de gaz, a déclaré mercredi un porte-parole du groupe.

Des vents forts continuent de chasser le nuage de gaz vers le point où devrait atterrir l'hélicoptère acheminant sur place cette équipe d'ingénieurs, a-t-il expliqué, ce qui repousse la mission à jeudi ou vendredi.

Les services météorologiques britanniques prévoyaient auparavant un changement de direction du vent d'ici mercredi soir et jeudi matin, ce qui laissait espérer que le nuage de gaz se détournerait du point d'atterrissage.

La mission d'experts prévue doit évaluer les mesures nécessaires pour endiguer la fuite, qui menace la zone d'une explosion.

Le pétrolier français veut lancer deux processus en parallèle pour stopper la fuite de gaz.

Dans la première solution envisagée, Total injecterait une boue de forage pour boucher le puits par le haut puis l'abandonner, une option risquée car elle nécessite une intervention humaine sur la plate-forme.

La compagnie envisage parallèlement le creusement de deux puits de dérivation, jusqu'à la poche de gaz à l'origine de la fuite, à 4.000 mètres sous les fonds marins, ce qui pourrait prendre six mois.

Les coûts des moyens actuellement mobilisés pour réparer la fuite s'élèvent à un million de dollars par jour, montant qui pourrait atteindre 1,5 million en cas de forage de deux puits de secours, selon des évaluations fournies lundi par Total. A ces coûts s'ajoute un manque à gagner d'environ un million généré par la perte de production.

Le forage des puits de dérivation porterait la facture quotidienne globale à 3 millions de dollars, selon le groupe.

L'équipe qui doit se rendre sur le site d'ici vendredi rassemble des salariés de Total et des techniciens de la société américaine Wild Well Control, spécialisée dans les situations critiques sur les installations pétrolières et gazières.

La fuite, qui a démarré le 25 mars, envoie chaque jour dans l'atmosphère quelque 200.000 mètres cubes de gaz naturel. Elle est apparue à la suite d'une augmentation de la pression dans un puits dont la production avait été arrêtée en 2011 et qui avait été partiellement bouché.

Deux bateaux de lutte anti-incendie restent en attente à l'extérieur de la zone d'exclusion de deux milles (3,7 kilomètres) autour de la plate-forme, a précisé Total.

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