Après plus de 24 heures de siège, c'est toujours le statu quo à Toulouse. Les négociations ont cessé en fin de soirée, le RAID a déclenché plusieurs séries de détonations dans la nuit. Mais l'assaut n'a pas encore été donné.

La police a commencé à manoeuvrer devant l'appartement où l'auteur présumé d'une série de sept meurtres ces derniers jours est retranché à Toulouse. Vers 23h30, trois fortes détonations sont entendues, cela fait alors plus de 20 heures que le siège a commencé. A 1h30, trois nouvelles explosions ont lieu, moins fortes que celle de 23h30.

Selon une source, le Raid a fait "une brèche dans le mur pour avoir une meilleure vision sur l'appartement". Selon une autre source policière, le tueur présumé "repoussait de plus en plus l'heure de sa reddition, voire refusait de se rendre", ce qui a incité les autorités à faire monter la pression. Le ministère de l'Intérieur parle de "manoeuvre d'intimidation". Des fenêtres de l'appartement ont été soufflées par les trois explosions, précise le journaliste de France Info Sébastien Paour. Aucun échange de tirs n'a été entendu.

Les trois explosions entendues à 23h35 par Sébastien Paour

Les forces de sécurité encerclent depuis la nuit de mardi à mercredi un immeuble du quartier résidentiel toulousain de la Côte-Pavée, où est retranché un homme de 23 ans se revendiquant d'Al-Qaida, considéré comme le principal suspect du meurtre de trois militaires et de la tuerie dans une école juive. L'homme se considère comme un Moudjahidine et avoue avoir agi pour venger les enfants palestiniens. Il envisageait même de récidiver aujourd"hui.

Le point à 19h sur place, après 16 heures de siège, avec Cédric Lang-Roth

Il s'agit d'un Français dont le frère a été interpellé dans un lieu distinct, a précisé Claude Guéant, présent sur place. La mère, les deux soeurs et deux frères du principal suspect sont en grade à vue. Le ministre de l'Intérieur a précisé que la préoccupation des forces de police était de prendre le suspect vivant.

Il a échangé hier matin son Colt 45 contre un moyen de communication pour échanger avec la police. Il aurait encore un Uzi, une Kalachnikov et des armes de poing. Selon le procureur de la République, François Molins, l'homme a déclaré aux policiers qu'il n'avait pas l'âme suicidaire et préfèrait "tuer et rester en vie".

Le tueur présumé planifait d'autres assassinats, selonle procureur de la république François Molins __

L'homme était connu des services de police : il avait commis une dizaine d'actes de délinquance dont certains marqués de violence. Il avait également effectué deux voyages en Afghanistan et au Pakistan et était sous la surveillance de la Direction centrale du renseignement intérieur depuis plusieurs années.

Le profil du tueur présumé par Franck Cognard

L'opération a été lancée aux alentours de 3h du matin mercredi. Des coups de feu ont été entendus vers 5h40, selon un journaliste de Reuters présent sur place. Des policiers casqués et armés de fusils automatiques ont été déployés sur la zone. Les habitants de l'immeuble de quatre étages ont été évacués à la mi-journée par le toit. Ils ont été pris en charge par une cellule psychologique.

Un voisin témoigne, il a entendu les coups de feu échangés

Nicolas Sarkozy : ni céder "à l'amalgame ni à la vengeance"

Le chef de l'Etat est arrivé vers mercredi 14h30 à la caserne Pérignon de Toulouse, non loin de l'immeuble où est retranché le suspect. A sa sortie de la caserne, il ne s'est pas exprimé, rejoignant Montauban où il a assisté peu après à l'hommage aux militaires assassinés la semaine dernière. Cinq autre candidats à la présidentielle étaient également présents : François Hollande, François Bayrou, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignant et Eva Joly.

Les réactions des candidats à la présidentielle par Carine Bécard

Le président américain Barack Obama a également tenu a soutenir la France dans ce drame. Il a téléphoné à Nicolas Sarkozy pour lui demander de transmettre aux familles et aux proches des victimes des événements de Toulouse et Montauban ses condoléances et celles du peuple américain. "Le président américain a également tenu à saluer l'efficacité des forces de police françaises".

Le parcours du suspect
Le parcours du suspect © Idé

Chasse à l'homme

Une gigantesque chasse à l'homme avait été engagée lundi après le meurtre d'un rabbin et de trois enfants dans une école juive de Toulouse. La semaine précédente, trois militaires ont été abattus selon le même mode opératoire, l'un à Toulouse et deux autres à Montauban. A chaque fois, l'auteur des coups de feu mortels est arrivé àn scooter, a visé la tête de ses victimes et a agi de sang-froid. Toute la région Sud-Ouest a été placée sous haute surveillance (plan "Vigipirate écarlate"), une mesure sans précédent en France.

Le procureur de la République de Paris, François Molins, qui dirige l'enquête, a insisté mardi sur la "piste terroriste" au sens du droit français, à savoir la volonté de troubler l'ordre public "par l'intimidation et la terreur." Selon le magistrat, l'homme agit avec "sang-froid" et son action est "préméditée", comme le montre "le choix de ses cibles", à savoir "l'armée", "l'origine" des victimes pour les militaires ou "leur confession" dans le cas de l'école juive. Les trois soldats assassinés sont d'origine maghrébine et un quatrième, grièvement blessé, est Antillais, ce qui a alimenté la thèse de tueurs issus de l'extrême droite.

Après le meurtre d'un militaire le 11 mars, les enquêteurs avaient remonté la piste du principal suspect grâce à l'ordinateur de sa mère. Il l'avait contactée par e-mail après avoir repéré une annonce de vente de moto sur Internet. Dans un second temps, un concessionnaire de Toulouse a repéré un des frères du principal suspect qui lui a demandé des renseignements sur le fonctionnement de la balise GPS de son scooter.

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