Des coups de feu et de nouvelles détonations ont retenti aux abords de l'immeuble où était retranché depuis trente deux heures le tueur présuméde Toulouse et Montauban, qui a été tué "les armes à la main".

Une colonne de fumée s'échappe de l'immeuble
Une colonne de fumée s'échappe de l'immeuble © Radio France / Capture d'écran BFMTV

Le suspect retranché à Toulouse, soupçonné de sept meurtres, est mort après avoir résisté aux hommes du Raid qui progressaient dans son appartement. Des rafales de tirs très nourries et des détonations ont été entendues pendant cinq minutes, peu après 11h20, dans le quartier de la Côte Pavée.

Trois policiers ont été blessés, dont un "assez grièvement, dans l'échange de tir. Le suspect était porteur d'une sacoche au contenu indéterminé, explique la police. Jusque là, et malgré une série de "manoeuvres d'intimidation", il ne s'etait pas manifesté.

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Claude Guéant a donné davantage d'information vers midi sur les circonstances de la mort du jeune homme. Après avoir tiré avec "une extrême violence", le suspect se serait jeté par la fenêtre lors de l'asssaut des forces de l'ordre.

La déclaration du ministre de l'Intérieur

Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant redoutait ce matin un décès de l'homme de 23 ans qui aurait tué sept personnes depuis le 11 mars à Toulouse et Montauban, alors que les autorités souhaitaient le prendre vivant pour pouvoir l'interroger et le juger.

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Les interrogations de Claude Guéant, ce matin

La nuit avait déjà été marquée par une série de détonations retentissanti à intervalle régulier, avant que le calme ne revienne au matin dans le quartier de la Côte Pavée à Toulouse. Des "manoeuvres d'intimidation" pour inciter le tueur présumé à se rendre, ce qu'il ne semblait plus décidé à faire. L'homme, qui avait beaucoup parlé aux policiers lors des négociations qui se sont nouées hier, revendiquant les tueries et affichant sa fierté d'avoir mis le pays "à genoux", avait coupé tout contact vers 23h avant de se terrer dans son refuge, lourdement armé et dans l'obscurité, l'électricité ayant été coupée dans le quartier.

Dans la soirée, la porte et des fenêtres avaient volé en éclats et une brèche avait été ouverte dans un mur pour "avoir une meilleure vision sur l'appartement". La stratégie de la police consistait à faire monter la pression pour inciter l'homme à se rendre, l'objectif étant de tout faire pour le prendre vivant afin qu'un éventuel réseau puisse être démantelé.

Il avait prévu de récidiver

Le présumé tueur, qui affirmait appartenir à Al Qaïda, avait planifié deux autres meurtres, ceux de deux fonctionnaires de police et d'un militaire, citant pêle-mêle sa volonté de venger la mort de Palestiniens dans le conflit avec Israël et de punir la France pour avoir envoyé des troupes en Afghanistan. Il a revendiqué le meurtre d'un rabbin et de trois enfants dans une école juive de Toulouse lundi dernier et ceux de trois militaires la semaine précédente et a été identifié par une enquête rapide menée grâce à des écoutes, à la traque de ses activités sur Internet et à sa tentative de maquiller son scooter volé entre deux tueries. Les forces de l'ordre ont également découvert sur ses indications deux voitures remplies d'armes (des pistolets mitrailleurs et des automatiques).

L'homme de 23 ans avait été condamné une quinzaine de fois pour actes de délinquance en France, dont certains marqués de violence. "Sa radicalisation s'est en revanche plutôt faite au sein d'un groupe d'idéologie salafiste et affermie, semble-t-il, lors de deux voyages qu'il a faits, l'un en Afghanistan, l'autre au Pakistan", a expliqué le ministre de l'Intérieur Claude Guéant. Le ministre a ajouté que le suspect avait dit aux policiers avoir reçu "des instructions d'Al Qaïda pendant son séjour au Pakistan", où il aurait été formé à mener des attentats.

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barre blanche © Radio France

Réactions politiques

Dans une allocution radio-télévisée Nicolas Sarkozy a félicité les forces de l'ordre et a appelé les Français à ne procéder à "aucun amalgame", insistant sur le fait que "nos compatriotes musulmans n'ont rien à voir avec les motivations folles d'un terroriste". Il a également fait preuve de fermeté en annonçant des mesures pour réprimer "l'apologie du terrorisme" ou "l'appel à la haine et à la violence" et a précisé que ces délits seraient "punis pénalement".

Nicolas Sarkozy

De son côté, le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande a exprimé son soulagement, évoquant la fin d'une "insupportable angoisse", et s'est déclaré solidaire des policiers blessé, dont il a salué le travail.

François Hollande

Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche), s'est également dit soulagé. "Nous pouvons en conclure que cela ne pouvait pas bien finir", a t-il déclaré après l'assaut contre l'auteur présumé des assassinats de Montauban et Toulouse. Il a également a fustigé un "manque de décence" de Marine Le Pen. La présidente du FN s'est en effet interrogée "sur le fait de savoir s'il (le meurtrier présumé) n'aurait pas pu être interpellé plus tôt". "Il fallait que force reste à la loi, c'est chose faite" a déclaré pour sa part le candidat du MoDem François Bayrou

De nombreuses interrogations

Des questions demeurent sur la manière dont cet homme connu des services de police pour son militantisme salafiste et ses voyages dans la zone pakistano-afghane a pu amasser un tel arsenal et passer entre les mailles de la police. Claude Guéant a indiqué qu'il avait été interrogé en novembre 2011 par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) en raison de ses voyages. Il n'avait pas alors été davantage inquiété après avoir fait état, photos à l'appui, de voyages à but touristique.

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