[scald=24361:sdl_editor_representation]par Jean Décotte

PINEROLO, Italie (Reuters) - Il y a cent ans, des coureurs du Tour de France ont escaladé pour la première fois le col du Galibier.

Un siècle plus tard, l'étape reine de la 98e édition de la Grande Boucle sera jugée jeudi au sommet de ce col mythique, au terme de 200,5 km de course marqués par l'ascension du col Agnel, frontière entre l'Italie et la France, puis par celle du col d'Izoard, tous deux classés hors catégorie, à l'instar du Galibier.

Peu de coureurs peuvent être sereins au départ de Pinerolo, car il faudra gravir sans temps mort ces trois géants alpins et la route commencera à s'élever dès le kilomètre 46,5, à Verzuolo, où sera disputé le sprint intermédiaire.

Ensuite, il faudra grimper jusqu'à la frontière française au sommet du col Agnel, puis plonger vers Château-Ville-Vieille, puis enchaîner sur l'Izoard, la descente sur Briançon et l'ascension finale.

Dans le peloton, certains attendent depuis longtemps les rampes du Galibier, d'autres les redoutent, mais tous estiment que la Grande Boucle va sans doute se jouer là, à 2.645 mètres au-dessus de la mer, par 6°C de température - et peut-être pire en fonction du vent.

Dimanche dernier, environ 200 cyclotouristes piégés par la neige dans le Galibier ont dû être évacués par les pompiers, ce qui a un temps fait craindre que l'étape soit amputée de son final. Mais la météo s'est un peu adoucie et le Tour de France devrait bel et bien avoir son explication au sommet.

"C'est l'étape décisive", juge Andy Schleck.

"Sur 200 km, on monte trois fois au dessus de 2000 mètres. Ça va être l'étape du Tour. J'espère pas que ce ne sera pas une course d'attente jusqu'à la dernière ascension, mais bon, on ne sait jamais."

Le vent, pire ennemi du coureur, pourrait s'allier à la pente pour freiner la progression des coureurs.

"Dans le col du Lautaret (rampe de lancement du Galibier, ndlr), c'est plat, et s'il y a le vent qui souffle ça peut être un désavantage", relève le cadet des frères Schleck, deuxième du Tour de France en 2009 et 2010.

Alberto Contador, qui l'a devancé ces deux années-là, a promis de tout faire pour tenter de refaire son retard sur ses rivaux, après avoir grignoté quelques secondes au maillot jaune Thomas Voeckler ces deux derniers jours.

"C'est l'étape-reine", prévient le triple vainqueur du Tour, qui redoute également le rôle du vent.

"La dernière partie du Galibier est très découverte et ce qui arrivera dépendra beaucoup du vent. Quoi qu'il en soit, je ferai de mon mieux."

Et tous ceux qui peineront à escalader le Galibier, plus haute arrivée au sommet de l'histoire du Tour, seront d'autant plus anéantis qu'il faudra récidiver dès vendredi, par l'autre versant, sur la route menant à l'Alpe d'Huez.

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