chypre va limiter les encaissements et retraits pendant une semaine
chypre va limiter les encaissements et retraits pendant une semaine © reuters

Les banques chypriotes ont rouvert leurs portes dans la matinée, après douze jours de guichets fermés pour éviter une ruée de la population. Les autorités espèrent prévenir autant que possible une fuite des capitaux.

Le gouvernement a mis en place des restrictions par décrets : utilisation des chèques interdite, retraits d'argent liquide limités à 300 euros par jour par compte bancaire, impossible de quitter l'île avec plus de 1.000 euros en espèces sur soi.

Ecoutez le reportage à Nicosie de Mathilde Lemair e

S'exprimant à la télévision publique, Yiangos Demetriou, responsable du contrôle interne à la Banque centrale chypriote, a ajouté que Chypre n'allait pas limiter l'utilisation des cartes bancaires sur son territoire mais fixerait un maximum de 5.000 euros à l'étranger.

Les autorités redoutent que les Chypriotes, inquiets pour leur épargne et mécontents de l'accord conclu lundi à Bruxelles avec les créanciers internationaux, ne se ruent dans les établissements bancaires dès qu'elles rouvriront leurs portes.Les entreprises seront autorisées à payer leurs fournisseurs étrangers à condition de produire des justificatifs, précise le journal Khatimerini. Les fonds placés pour des périodes déterminées ne pourront pas ailleurs être débloqués.

"Nous cherchons le meilleur moyen de limiter la possibilité que d'importantes sommes d'argent quittent le pays sans imposer des conditions pénalisantes pour l'économie, les entreprises et les particuliers ", a déclaré Michael Sarris, le ministre des Finances, à la télévision.

La population inquiète

"Nous avons reçu l'assurance que ces restrictions n'affecteront pas les transactions à l'intérieur de Chypre ", a déclaré le président de la Chambre de commerce après une entrevue avec des responsables gouvernementaux. "Les limitations porteront sur ce qu'on peut dépenser à l'étranger et sur les sorties de capital ", a ajouté Phidias Pelides. Nicosie a accepté lundi de fermer l'un des deux plus grands établissements de l'île et de prélever de lourdes taxes sur les comptes dont le solde est supérieur à 100.000 euros, en échange d'un plan d'aide de dix milliards d'euros censé lui éviter la faillite et une sortie de la zone euro. Michael Sarris a précisé mardi que les plus gros clients des banques pourraient perdre environ 40% de leurs dépôts. Les Chypriotes, qui craignent pour leurs emplois, continuent à manifester contre le plan de sauvetage décidé à Bruxelles. Mercredi, ils étaient 500 environ à défiler des bureaux de l'Union européenne à Nicosie jusqu'au palais présidentiel avec force banderoles et drapeaux. Ils scandaient : "Je ne paierai rien ; je ne dois rien. "

Pas d'impact immédiat sur les banques de la zone euro

L'accord sur Chypre ne devrait pas avoir d'impact immédiat sur les notations des banques de la zone euro même s'il crée un précédent, a affirmé jeudi l'agence de notation Standard and Poor's (SP).

SP souligne que le plan de sauvetage et de restructuration bancaire de Chypre, agréé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), est substantiellement différent des plans d'aide à la Grèce, au Portugal, à l'Irlande et à l'Espagne puisque son volet bancaire prévoit la contribution des créanciers, des actionnaires et des gros déposants.

L'agence estime enfin que la crise chypriote a démontré la nécessité d'une union bancaire au niveau de la zone européenne.

Enfin, les épargnants des pays de la zone euro ont retiré 18% du montant des liquidités qu'ils détenaient dans les banques chypriotes en février.

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