[scald=167741:sdl_editor_representation]MONTPELLIER, Hérault (Reuters) - Le procureur de la République de Montpellier a fait état lundi de "très fortes suspicions" dans l'enquête pour paris illicites concernant un match du club de handball de la ville dont neuf joueurs ont été mis en examen.

Brice Robin a précisé que les premières présentations au juge d'instruction auraient lieu mardi et concerneraient les compagnes des deux frères Nikola Karabatic, star du handball français, et Luka Karabatic.

Dix-huit personnes, dont les frères Karabatic, ont été interpellées et placées en garde à vue dimanche soir dans le cadre de l'enquête qui porte sur des paris autour du match de championnat de France de Montpellier, club phare du handball français, contre le club breton de Cesson-Sévigné, en mai.

"Le parquet estimera nécessaire de requérir le placement sous contrôle judiciaire des personnes qui seront présentées avec versement d'un cautionnement correspondant à la totalité des sommes ainsi indûment perçues", a-t-il dit.

Le montant des sommes pariées, a-t-il dit, s'élevait à 87.800 euros et tous ces paris ont été faits à hauteur de 100 euros pour un gain de 240 euros. "Ces gains peuvent être encaissés n'importe où dans l'anonymat, ce qui n'est pas le cas pour des sommes au-dessus de 500 euros", a-t-il précisé

Le magistrat a en outre souligné que "le parallèle n'est absolument pas à faire avec l'affaire VA-OM" de match de football truqué en 1993. "Les responsables des deux clubs sont totalement innocents dans cette affaire", a-t-il précisé.

Brice Robin a regretté que les joueurs aient fait valoir "leur droit au silence" lors de leurs auditions, réservant leurs explications au magistrat instructeur. "Quand les gens n'ont rien à se reprocher, ils parlent", a-t-il noté.

Au-delà de l'affaire des paris, une autre affaire, pour match truqué cette fois, pourrait voir le jour après l'audition par le juge d'instruction des arbitres et l'examen des commentaires de la presse et des entraîneurs des deux clubs.

Le procureur Robin a souligné le faible rendement du gardien Michaël Robin - l'un des mis en cause - qui n'a arrêté que cinq tirs sur 20, un rendement inhabituel en handball. Il a qualifié de "piètre" la prestation d'ensemble de l'équipe et du gardien.

Une condamnation pour match truqué serait passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende. Des paris litigieux seraient sanctionnés de un à six matches de suspension et 1.000 à 25.000 euros d'amende.

Jean Décotte, avec Chrystel Boulet-Euchin à Paris, édité par Jean-Paul Couret et Gilles Trequesser

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